Que faire quand il tombe un mètre de neige en trois jours? Déblayer les rues, fraiser les tas et les évacuer hors de la ville. A La Chaux-de-Fonds, les 75 employés communaux peuvent compter sur l'aide des entreprises privées qui ont lancé trente camions sur les routes.

La semaine passée, cette flotte a coûté 25 000 francs par jour. Il fallait dégager le centre, avant les nouvelles chutes de neige. Hier, trente camions, loués dans les entreprises du bas du canton, sont arrivés en renfort. Ils feront doubler le prix journalier du déneigement! Le demi-million sera vite atteint à la fin du mois et il creusera d'autant plus le déficit de la quatrième ville de Suisse romande. Paradoxalement, la neige suscite la joie et ouvre la porte de la solidarité.

Solidarité dans les quartiers où tous ont sorti le vieux rablet des années 80 et dégagent les voitures chaque matin au coude à coude.

Solidarité de la population avec les ouvriers des Travaux publics qui travaillent jour et nuit en deux équipes seulement.

Solidarité des entreprises privées, prêtes à épauler les services publics pour évacuer cet or blanc qui vaut tout de même 50 000 francs par jour.

C'est aussi la démonstration qu'un partage de l'impôt entre toutes les commues du canton est vital pour l'équilibre des régions. Pendant que Marin et Auvernier, riches villages du bas du canton, combattent 20 cm de neige, La Chaux-de-Fonds, Le Locle et le Val-de-Travers se débattent avec un mètre de flocons. De plus, les impôts sont souvent deux fois plus élevés dans ces communes que dans le bas. En bref, «mieux vaut être riche et bien situé, que pauvre et enneigé». Mais une tempête de neige pourrait vaincre l'égoïsme et relancer le débat de la péréquation fiscale.