Lorsqu'on le cite dans ce journal, c'est pour évoquer une percée dans les mécanismes de la formation du mélanome et des cellules souches, ou l'intérêt de la cyclopamine pour enrayer certains types de cancer. Professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Genève, Ariel Ruiz i Altaba est un chercheur de haut vol. Or les travaux de ce scientifique né il y a 45 ans au Mexique ne se trouvent pas que dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Ils ont aussi pris place dans les collections de la Bibliothèque de France, du Musée des beaux-arts de Philadelphie ou de Bill Hunt, cet amateur de photos sans regard qui ont été exposées il y a peu aux Rencontres d'Arles et au Musée de l'Elysée de Lausanne.

Des clés communes

Comme on peut s'en rendre compte actuellement à Genève, Ariel Ruiz i Altaba est aussi un passionné de photographie, médium dont il apprécie la souplesse expressive. Il mêle l'argentique au numérique, remplace l'argent photosensible par du sélénium ou du soufre, unit ses propres images scientifiques à des silhouettes indécises. Il travaille ses couleurs à l'éponge, laissant agir le hasard comme dans la nature. Tel est l'intérêt de cette démarche esthétique: visiter le cœur même de la création, questionner l'identité, reconduire la genèse des formes, multiplier les points de vue et les échelles pour suggérer que la subjectivité, l'imagination et l'inattendu sont des clés communes à la recherche fondamentale et à l'art.

«Ariel Ruiz i Altaba», Galerie Fallet, rue de la Tour-de-Boël 5, Genève, jusqu'au 9 juin. Infos: http://www.galeriefallet.com