Ensemble, c’est tout

Nez Rouge Suisse fête ses 30 ans avec toujours plus de bénévoles

L’anniversaire de l’association offre une occasion de mettre en lumière son fonctionnement et ses bénévoles, prêts à donner de leur temps pour ramener les fêtards à bon port

Connaissez-vous l’histoire de Rudolphe, le petit renne du Père Noël qui, grâce à son nez rouge lumineux, éclaire la nuit et guide le chariot égaré de son propriétaire? L’association Nez Rouge, d’origine jurassienne et devenue une réelle institution en Suisse, en a fait sa muse. Depuis sa création en 1990, 457 000 personnes ont pu bénéficier d’un retour à la maison «en toute sécurité», après avoir trinqué. L’idée, importée du Canada par le Dr Jean-Luc Baierlé, médecin cantonal jurassien, a inspiré la première Opération Nez Rouge en Suisse, avant que d’autres antennes (également appelées «sections») de l’association apparaissent dans presque toutes les régions. On en compte aujourd’hui 23, dont 12 en Suisse romande.

Un terrain étendu

«Nos sections ne sont pas délimitées par les frontières cantonales», explique Christel Sommer, directrice opérationnelle de Nez Rouge Suisse. La zone de couverture de l’antenne genevoise inclut par exemple une partie du canton de Vaud et de la France voisine. Alexandre Zanetta, responsable de service de Nez Rouge Genève, note qu’«il est très rare de ne pas traverser une frontière cantonale ou nationale pendant une course». A titre d’exemple, pour la seule nuit du 18 décembre, 15 courses ont été effectuées et 630 kilomètres parcourus au total, pour une moyenne de 40 kilomètres par voyage.

Bâle, le Haut-Valais et une partie des Grisons figurent parmi les rares régions à ne pas être couvertes par les services de l’association, l’implantation dans ces zones n’ayant selon Christel Sommer «jamais vraiment pris».

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Partout ailleurs en revanche, le succès est indéniable et va croissant: selon un sondage effectué par l’institut lausannois Link en 2016, 93% de la population estime que l’Opération Nez Rouge contribue à favoriser l’adoption d’un comportement responsable face à la conduite avec des facultés amoindries. Pour Christel Sommer, «c’est 93% de succès». Le nombre de bénévoles augmente par ailleurs d’année en année, passant de 2000 en 1993 à 10 500 volontaires en 2018.

Donner et recevoir

Qui sont ces bonnes âmes prêtes à sacrifier leurs fêtes de fin d’année pour ramener à bon port leurs compatriotes? «Il y a un petit peu de tout», selon la directrice opérationnelle, «des gens qui ne souhaitent peut-être pas rester seuls, ou bien qui décident de faire ça entre amis, en famille ou même entre collègues». Leur point commun: «Après avoir longtemps tergiversé, un élément déclencheur les a poussés à se lancer. On a aussi remarqué que suite à leur première expérience, la plupart des personnes avaient envie de revenir l’année d’après, pour l’aspect social, la convivialité dans les centrales, l’accueil chaleureux.»

Natalie Robatel, elle-même bénévole depuis quatorze ans, abonde. A 16 ans, elle a décidé de rejoindre Nez Rouge en tant qu’accompagnatrice, n’ayant pas encore le permis. «J’ai essayé pour une nuit, et après c’était pour la vie!» Si privilégier la compagnie de parfaits inconnus à celle de sa famille le soir du réveillon peut paraître étrange, Natalie Robatel explique que, depuis des années, ce sont les bénévoles qui constituent sa famille de cœur: «On a tout le reste de l’année pour être avec ses proches.»

Pour Alexandre Zanetta, le sacrifice du bénévole est plus que compensé: «Alors que la mission de Nez Rouge se focalise sur le fait d’empêcher les gens de conduire en ayant bu, elle permet également aux personnes qui auraient passé la période des fêtes toutes seules de le faire en excellente compagnie.» Donner et recevoir, c’est bien ça, la magie de Noël.

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