Au Mexique cependant, foyer de l’épidémie et seul pays où des cas mortels ont été recensés, les autorités ont évoqué pour la première fois lundi soir un espoir de ralentissement de la propagation de la maladie.

Le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a expliqué que le nombre des décès suspects est passé de six samedis à cinq dimanches et trois lundi.

Le Mexique a annoncé que la grippe porcine avait déjà fait 20 morts avérés sur son territoire, mais que le bilan pourrait s’élever à 152.

L’OMS a présenté mardi après-midi un bilan bien moins alarmiste, en faisant état de 79 cas confirmés de grippe porcine dans le monde au total, sans préciser le nombre de morts.

40 cas aux Etats-Unis

Avec 40 cas confirmés, les Etats Unis ont selon l’OMS le plus lourd bilan confirmé, devant le Mexique, foyer de l’épidémie (26 cas), le Canada (6), la Nouvelle-Zélande (3), le Royaume Uni (2) et l’Espagne (2).

Les autorités sanitaires américaines annonçaient de leur côté 64 cas de grippe porcine, précisant que la situation évoluait rapidement.

Deux cas humains non mortels ont également été diagnostiqués par les autorités nationales en Israël, officiellement atteint pour la première fois mardi comme la Nouvelle-Zélande.

Alors que de nombreux pays ont pris des mesures de prévention, l’OMS restait mardi après-midi «en phase d’alerte 4», a indiqué son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda, en soulignant que «la possibilité» de pandémie «est prise très au sérieux».

L’organisation était passée lundi soir de 3 à 4 sur son échelle du niveau d’alerte, qui en compte 6, signifiant «une montée en puissance significative» du risque de pandémie. Nombre des malades sont des voyageurs de retour du Mexique.

«Passer à la phase 5»

L’OMS pourrait par exemple «passer à la phase 5» en cas de confirmation de cas avérés endogènes aux Etats-Unis, a précisé un de ses porte-paroles, Gregory Hartl. Un passage à la phase 5, avant-dernier niveau avant la déclaration de la pandémie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inévitable.

L’OMS a par ailleurs annoncé que quatre laboratoires dans le monde étaient à des «stades différents» de travail sur une souche virale pouvant servir de précurseur d’un vaccin contre la grippe porcine.

L’organisation ne recommande pas jusqu’à présent de restreindre les déplacements, tout comme la Commission européenne, à l’inverse de la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Italie ou le Canada qui ont déconseillé mardi les voyages aux Mexique.

Plusieurs voyagistes britanniques et les tour-opérateurs français ont annulé ou suspendu leurs départs pour le Mexique.

Le Mexique a continué à resserrer son dispositif de prévention. La fermeture des établissements scolaires a été étendue à l’ensemble du pays, et les restaurants de Mexico fermés au public. Aux Etats-Unis, onze millions de traitements antiviraux doivent être distribués.

Jeunes adultes en bonne santé

Le virus, qui touche essentiellement «des jeunes adultes en bonne santé», selon les autorités mondiales de la santé, se transmet par voie respiratoire, d’homme à homme, mais pas en mangeant de la viande de porc.

Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250 000 et 500 000 personnes.

Signe de l’inquiétude des autorités sanitaires, des cas suspects ont été placés en observation partout à travers le monde, dont 20 en Espagne, 20 en France, une quinzaine en Grande-Bretagne, 70 en Australie, un en Corée du Sud, un en France, deux en Allemagne, d’autres en Italie, en Irlande, en Suisse, au Danemark, en Suède, aux Pays-Bas, en Autriche, au Brésil, au Pérou, en Colombie, en Nouvelle-Zélande, en Thaïlande.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles sanitaires aux aéroports et aux frontières, jugés toutefois inefficaces par l’OMS.

Plusieurs pays ont suspendu toutes ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l’Ukraine, la plupart des pays des Balkans, la Thaïlande, l’Indonésie et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis.

Les craintes de pandémie ont continué à peser mardi sur les Bourses européennes et le marché pétrolier, comme elles l’avaient fait déjà lundi.