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Aujourd'hui, les enfants de 9 à 17 ans mettent 80 secondes de plus à courir une distance de 1600 mètres par rapport aux jeunes d’il y a trente ans.
© Sergey Novikov/123RF

Santé

Nos enfants ne bougent pas assez

Un test d’endurance montre qu’en 1970 un enfant courait 800 mètres en trois minutes, alors qu’il lui faut aujourd’hui une minute de plus pour cette même distance

La rentrée a eu lieu ces dernières semaines, et se pose la question des activités quotidiennes des enfants. Plus actifs pendant l’été, ceux-ci vont-ils retrouver leur rythme école-écrans si crispant? Et stresser les parents qui ne savent plus comment faire… En tout cas, la littérature scientifique devrait nous faire réfléchir: leurs performances physiques sont en moyenne moins bonnes que ne l’étaient celles de leurs parents… et de leurs grands-parents.

Le test du bip-bip

Une mesure d’endurance un peu barbare, dite «test du bip-bip», a contribué à mesurer cette érosion. Développé au début des années 1980 par Luc Léger, professeur de physiologie de l’exercice à l’Université de Montréal, ce test consiste à calculer la capacité cardiorespiratoire, jusqu’à épuisement. En pratique, il s’agit de courir sur une piste étalonnée tous les 20 mètres. Le cobaye doit effectuer le plus grand nombre d’allers-retours en respectant un rythme de course qui s’accélère toutes les minutes, à chaque signal sonore. Il s’arrête quand il n’est plus capable de suivre le rythme imposé par le fameux «bip».

Des chercheurs ont comparé des données, issues de 177 études réalisées auprès d’un demi-million d’enfants et adolescents de 9 à 17 ans. Certains de ces travaux utilisaient le test. Conclusion? La capacité aérobie, c’est-à-dire la capacité de maintenir une certaine intensité d’exercice sur une période prolongée, a diminué de 0,35% par an.

Augmentation de la sédentarité

En compilant d’autres travaux, le chercheur Grant Tomkinson, de l’Université de l’Australie-Méridionale, à Adélaïde, a fait le même constat dès 2003. En mesurant la distance que les enfants pouvaient courir en un temps donné, il ressortait que les enfants de 9 à 17 ans mettaient 80 secondes de plus à courir une distance de 1600 mètres par rapport aux jeunes d’il y a trente ans.

Cette chute des performances s’explique principalement par la progression du surpoids et de l’obésité, ainsi que par l’augmentation de la sédentarité. C’est ce que vient de montrer une étude de l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses): 71% des adolescents de 15 à 17 ans sont considérés comme sédentaires – c’est-à-dire qu’ils passent plus de quatre heures quotidiennes assis ou couchés pendant l’éveil, hors temps scolaire. Cela vous rappelle-t-il quelque chose? Rester couché pendant des heures scotché sur sa tablette, son smartphone, son jeu… sur son lit… au lieu de sortir faire du vélo, du foot, du tennis…

3, 2, 1… partez!

Au-delà de l’aspect sportif, c’est l’impact sur la santé qui inquiète le plus. Les enfants en bonne santé ont tendance à devenir des adultes en bonne santé. Le sport dans l’enfance et l’adolescence prévient les maladies, agit sur le métabolisme. Ne dramatisons pas: réalisés après quelques semaines de pratique d’activité physique, ces mêmes tests sont en amélioration.

Mais le tableau est sans appel. Nos enfants ne bougent pas assez: 80% d’entre eux feraient moins d’une heure d’activité physique quotidienne, très loin des recommandations jugées «bonnes pour la santé». Ils sont peu nombreux à faire plus que les cours d’activité physique obligatoires à l’école qui, en France du moins, passent de quatre heures hebdomadaires pour les élèves de 10-11 ans à trois heures ensuite. Alors à l’avenir, si votre enfant vous demande une dispense de cours de sport, non justifiée médicalement, réfléchissez-y avec lui. C’est la rentrée: 3, 2, 1… partez!

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