Longtemps, Bugatti en tête, les constructeurs français ont su créer d'extraordinaires voitures haut de gamme. Ces dernières années, les Renault, Peugeot et Citroën ont toutefois perdu la main au profit des marques allemandes. L'échec des Peugeot 607 ou Renault Vel Satis rappelle à quel point le créneau des grandes routières est aussi difficile qu'exigeant. Le genre est allergique aux problèmes de fiabilité et de finition, ainsi qu'à la trop grande audace stylistique. N'entre pas qui veut dans ce club aux forts symboles statutaires.

La difficulté n'effraie pas Citroën. La marque aux chevrons présente au salon de Genève une longue, très longue (5 mètres) berline C6 placée sous la bannière d'une «séduction différente». Soit l'étoffe dont laquelle était taillée la mythique Citroën DS, dévoilée il y a 50 ans. Cette différence se joue au niveau de la ligne aérodynamique et des innovations technologiques. La C6, qui devrait être lancée en septembre prochain, propose à l'avant un profil fuyant et un ample porte-à-faux. L'arrière affiche au contraire un porte-à-faux très court; cette poupe bombée comporte une lunette concave, et des feux en forme de circonflexes. Pour atypique qu'elle soit, la silhouette ne manque pas de caractère. Convaincra-t-elle des automobilistes disposés à mettre 70 000 ou 80 000 francs dans une routière haut de gamme?

Routière, la C6 le sera à coup sûr. Notamment grâce à sa suspension active, à amortissement et flexibilité variables. Ce système hydropneumatique garantit une assiette constante, ainsi qu'une garde au sol qui s'adapte en temps réel à la vitesse du véhicule, et à l'état de la route.

Dans l'habitacle, la C6 adopte un affichage «tête haute», innovation électronique qui devrait se généraliser ces prochaines années dans l'automobile. Dérivée de l'aviation militaire, cette technologie projette sur le plan du pare-brise des informations comme la vitesse du véhicule, ou les indications de la navigation par GPS. L'affichage s'inscrit dans le champ visuel direct du conducteur, ce qui évite la dispersion du regard et augmente ainsi la sécurité. Par rapport à une instrumentation traditionnelle, le gain est estimé à 0,5 seconde si l'on prend en considération les temps de détournement du regard et d'adaptation de la vue. Comme les C4 et C5, la C6 est équipée d'une alerte de franchissement involontaire de ligne autoroutière (le siège du conducteur vibre lorsque la voiture dévie de son axe).

Deux motorisations V6 pourront propulser le vaisseau de Citroën: un diesel 2,7 litres de 208 ch et un trois litres de 215 ch. Les deux V6 seront associés à une boîte automatique à six rapports.