Le «teasing» était presque parfait. Des photos de la 3e génération de la Mazda MX-5, le cabriolet biplace le plus vendu au monde (700 000 exemplaires depuis 1989), circulaient ici et là. Surpris en action, le petit roadster était camouflé par des prothèses noires, un peu comme un espion de cinéma se pare de postiches pour passer inaperçu. L'imagination fonctionnait à plein. La MX-5 allait-elle ressembler à la RX-8 à moteur rotatif? Innoverait-elle de manière spectaculaire? Pas du tout: comme pour un oignon que l'on pèle, les prothèses souples ne dissimulaient rien. Ou si peu. Dévoilée au salon de Genève, la nouvelle MX-5 ressemble furieusement à une MX-5, laquelle n'est qu'un ersatz de la Lotus Elan des années 1960, le bolide d'Emma Peel dans Chapeau melon et bottes de cuir.

Certes, la petite Mazda a perdu quelques-unes de ses rondeurs en forme de bouteille de Coca-Cola. Les flancs ne se rétrécissent plus entre les roues, ce qui a autorisé l'installation d'airbags latéraux dans les portes, et gagné de l'espace pour les occupants. Comme le notait au salon Joseph Bakaj, le patron de la recherche et du développement de la marque, la MX-5 d'origine avait été conçue pour que des personnes de 1,80 mètre s'y sentent à l'aise. «Seize ans plus tard, cette hauteur étalon est passée à 1,86 m, remarque Joseph Bakaj. Nous avons dû élargir les sièges de 50 mm au niveau des hanches et augmenter la garde au toit de 17 mm. De même, pour faciliter la vie aux plus âgés, nous avons ajouté des possibilités de réglage des sièges et du volant.» Bref, si l'allure de la voiture ne change pas, celle de ses occupants n'arrête pas d'évoluer.

La MX-5 a gagné une dizaine de kilos dans l'aventure, ce qui est plutôt bien au vu de l'alourdissement général des automobiles, contraintes de répondre aux exigences croissantes du marché. La légèreté est toutefois l'un des atouts majeurs du cabriolet, doté également d'une bonne répartition des masses grâce au moteur avant central (le moteur est placé devant le conducteur mais derrière le train avant). Avec la MG, la MX-5 reste l'un des roadsters les plus amusants à conduire du marché, à condition toutefois de faire attention sur les revêtements glissants. Autre bémol: la capote souple doit être manipulée avec précaution: elle est fragile à l'usage, et onéreuse à réparer.

La 3e mouture du coupé japonais reçoit par ailleurs des moteurs un peu plus puissants: au choix, un quatre-cylindres 1,8 litre de 126 ch et un quatre-cylindres 2 litres de 160 ch à boîte 6 vitesses.