Il y a deux ans, Alfa Romeo présentait au Salon de Genève une superbe étude de style dessinée par Giorgetto Giugiaro. Celui-ci avait alors précisé que son coupé racé, destiné à remplacer la GTV apparue en 1994, n'était pas une chimère, mais une fleur appelée à «éclore». Le prototype avait reçu un excellent accueil public et obtenu plusieurs prix internationaux de design. Ce démarrage en fanfare a effectivement provoqué l'éclosion de la fleur de métal. Voici donc, deux ans plus tard, la version définitive du coupé, appelé Brera, dont la silhouette est due cette fois à l'effort commun de Giugiaro et des stylistes d'Alfa Romeo. Plutôt longue (4,4 mètres), la voiture est à la fois élancée et compacte, élégante et agressive. Elle partage la plate-forme de la nouvelle berline 159, qui elle remplacera la 156, le modèle qui a remis dans les années 90 Alfa Romeo sur la voie du succès. Ce châssis a été étudié avec General Motors avant le récent divorce entre les deux partenaires industriels.

La Brera puise dans le patrimoine esthétique de la marque piémontaise. La lunette arrière en V évoque celle de la Giuletta Sprint, alors que la partie arrière de la carrosserie reprend les traits distinctifs des derniers modèles d'Alfa Romeo. Le capot moteur cite les années 50, tandis que les optiques, jantes ou quatre tubulures d'échappement sont résolument contemporaines. Le toit panoramique en verre devrait accroître l'impression d'espace dans l'habitacle, du type 2 + 2, plutôt étriqué par rapport aux dimensions généreuses du coupé.

La Brera, qui sera commercialisée en fin d'année, a été soignée d'un point de vue dynamique: la géométrie des suspensions est du genre pointue, et le modèle a été doté des derniers contrôles électroniques de stabilité, patinage ou gestion du couple de freinage lors des rétrogradations. Certaines des versions de la Brera adopteront la traction intégrale de la marque, baptisée Q4.

Les adeptes de l'extraordinaire V6 Alfa Romeo, qui chantait comme nul autre moteur, seront déçus. Sur la Brera, ce bloc de légende a été abandonné au profit (faut-il vraiment dire «profit»?) d'un V6 3,2 litres essence de 260 ch d'origine Holden, une filiale australienne de General Motors. Le coupé pourra également être propulsé par un 2,2 litres de 185 ch et un moteur diesel 2,4 JTD de 200 ch.

La berline 159, qui sera elle lancée à la fin de l'été, complétera cette offre de moteurs par des blocs plus raisonnables, dont un 1,9 litre essence de 160 ch, et deux diesels 1,9 litre de respectivement 120 ch (8 soupapes) et 150 ch (16 soupapes).