Plusieurs pistes sont actuellement empruntées par la recherche sur les démences séniles et plus particulièrement sur leurs causes. «La voie immunologique qui consiste à attaquer la plaque sénile est peut-être la plus prometteuse», selon Albert Enz.

Ces recherches se divisent en deux camps. L'immunisation peut être active ou passive. Dans le premier cas, on utilise un antigène dont la fonction consiste à provoquer une réaction immunitaire capable de produire l'anticorps. Un tel projet est allé jusqu'en phase II de développement clinique. Mais il a dû être interrompu pour des questions de sécurité. Un groupe de recherche de Novartis, avec l'aide de la technologie d'une entreprise biotech suisse, Cytos, travaille sur une telle piste partant du même principe. L'une des grandes difficultés de cette approche réside dans la régulation optimale de la réaction immunitaire.

Dans le cas de l'immunisation passive, on injecte directement l'anticorps pour provoquer l'immunisation. L'inconvénient est d'ordre financier, la production d'anticorps humains étant relativement coûteuse.

D'autres pistes sont naturellement encore discutées. Albert Enz mentionne des recherches sur des inhibiteurs de sécrétase, c'est-à-dire sur des enzymes responsables de la «fausse» protéine, l'amyloïde abéta (lire ci-dessus). La difficulté consiste ici à découvrir des inhibiteurs de sécrétase agissant uniquement sur le cerveau, sachant qu'il en existe dans le cas de la g-sécrétase partout dans le corps. Autres voies de recherche: une approche génétique, le blocage de la formation des neurofibrilles, ou encore l'inhibition de l'inflammation dans le cerveau. La tendance générale consiste à trouver des points d'attaque sur les causes et à ne pas vouloir embrasser toutes les maladies cognitives à l'aide d'une seule thérapie.