Les genres ne connaissent plus de frontières, les contours de nouvelles formes d’amour se dessinent, tout comme celles de la famille. Cette semaine, «Le Temps» a exploré le(s) futur(s) de nos identités et de nos relations amoureuses.

Episodes précédents:

Le mariage pour tous deviendra réalité en Suisse. Avec le oui des Chambres fédérales le 18 décembre – et sous réserve de référendum –, les personnes de même sexe pourront s’unir au même titre que leurs pairs hétérosexuels. L’adoption deviendra légale, le don de sperme pour les couples lesbiens mariés aussi. Depuis 2018, les couples partenariés ou en concubinage – qu’ils soient homos ou hétéros – ont la possibilité d’adopter l’enfant de l’autre. Mais les Suissesses et les Suisses n’ont pas attendu ces réformes pour «faire famille» autrement. Jusqu’à 30 000 enfants grandissent dans des familles arc-en-ciel à travers le pays, selon les estimations.

Le long parcours vers la GPA

Souvent et jusqu’à présent, le chemin vers la parentalité pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres) passe par l’étranger. Comme pour Julien* et James*, partenaires enregistrés, qui ont opté pour la gestation pour autrui (GPA). «Nous avons réfléchi à faire des enfants avec un couple d’amies lesbiennes, un pour elles, un pour nous, confie Julien. Mais je ne me voyais pas avoir la mère de mon bébé à 5 kilomètres de chez nous, on ne sait jamais ce qui peut se passer puisque, en Suisse, la femme qui accouche a tous les droits sur l’enfant. La GPA, avec un don de mon sperme, était la solution la plus simple.» Ce parcours est pourtant semé d’embûches, notamment parce que – comme dans de nombreux autres pays – le processus est, et restera, illégal en Suisse, y compris pour les hétérosexuels.