Daniel Vasella se montre ferme, tel que cité par le Financial Times ce lundi: «Pour qu’une production soit viable, il faut des incitations financières». Pas question donc, pour lui, que Novartis fasse des dons de vaccins aux pays les plus pauvres. C’est à eux-mêmes ou à d’autres pays donateurs de couvrir les frais. Daniel Vasella envisage simplement la possibilité de certaines baisses de prix.

Ces commentaires représentent une rebuffade pour Margaret Chan, selon le quotidien financier britannique, qui rappelle que la directrice générale de l’OMS avait la semaine dernière appelé les compagnies pharmaceutiques à la «solidarité», la grippe A (H1N1) ayant désormais atteint le stade officiel de la pandémie.

Ils montrent aussi la division du secteur, toujours selon le FT, les Britanniques de GlaxoSmithKline ayant déjà annoncé qu’ils offriraient 50 millions de doses aux pays les plus pauvres. D’autres laboratoires plus petits ont aussi déjà communiqué leur intention de réserver 10% de leur production pour des dons.

Novartis a pris la tête dans la course contre la grippe en annonçant la première, en fin de semaine dernière, être parvenue à mettre au point un vaccin spécifique contre la grippe A (H1N1) en partant d’une culture de cellules à partir de la souche primaire du virus, et non pas d’une culture plus traditionnelle d’œufs fertilisés, grâce à sa société américaine Chiron, acquise en 2006. Le cours de l’action a dans la seule journée de vendredi gagné plus de 4%.

Ce vaccin n’est certes pas disponible, il doit encore être testé lors d’essais cliniques de phase III et n’a donc encore reçu aucune autorisation de mise sur le marché. Mais une trentaine de gouvernements ont déjà passé commande à Novartis, dont les Etats-Unis pour plus de 280 millions de dollars. Selon Daniel Vasella, le prix pour d’importantes livraisons oscillerait entre 10 et 15 dollars la dose (entre 11 et 16 francs suisses). Novartis prévoit à terme de produire 1 million de doses par semaine.