Trois jours après la disparition de John F. Kennedy Jr dans le crash de son avion au large de Martha's Vineyard, le clan Kennedy, retranché dans la retraite familiale de Hyannis Port, restait muet. A l'entrée de la propriété, une bannière américaine flottait sur son mât. Comme un refus de l'évidence, alors que sur le reste de l'île et ailleurs dans le pays, les drapeaux étaient mis en berne.

La veille au soir, la garde côtière annonçait qu'elle mettait fin à ses activités de «recherche et sauvetage» pour passer le relais au Bureau national pour la sécurité des transports (NTSB) pour une opération de «recherche et récupération». En d'autres mots, les chances de retrouver des survivants étaient devenues nulles. Impossible de survivre plus de 18 heures dans des eaux dont la température a varié entre 16 et 20 degrés depuis vendredi soir. Les enquêteurs de l'aviation civile centreront leurs efforts sur le repêchage des débris de l'appareil, voire des corps. En privé pourtant, certains sauveteurs craignaient que les corps ne soient jamais retrouvés, les requins n'étant pas rares dans la région. John Kennedy, 38 ans, voyageait aux côtés de sa femme Carolyn et de la sœur de celle-ci, Lauren Bessette.

Lundi la presse poursuivait sur sa lancée du week-end, offrant des hommages appuyés à John Kennedy Jr, et à travers lui à la dynastie entière, symbole d'un idéal d'engagement public, malgré les scandales sulfureux et des promesses politiques pas toujours tenues. Parallèlement, plusieurs médias critiquaient l'imprudence de Kennedy, qui selon eux n'aurait pas dû prendre les commandes de son Piper ce soir-là. Enfin, chacun spéculait sur les ambitions politiques du fils de JFK Senior. On le disait disposé à briguer un fauteuil de sénateur, voire la mairie de New York. L'intéressé avait toujours nié, repoussant à plus tard une éventuelle immersion politique.