Avec les moyens d'observation actuels, il n'est pas rare que les astronomes tombent sur des objets célestes dont ils n'arrivent pas à reconnaître tout de suite la nature. Dernièrement, la presse a rapporté la découverte d'une «étoile mystérieuse», échappant visiblement à tout catalogage (lire LT du 23 août). A la vue de son spectre d'émission, cela ne pouvait être, selon les experts, ni une galaxie, ni une étoile ordinaire, ni une supernova, ni un quasar. Cet astre ne ressemblait à rien de connu.

Pourtant, le mystère n'est pas si épais. Certes le spectre reste très original, mais les astronomes du California Technology Institute (Caltech), les auteurs de la découverte, ont de la ressource et de nombreux collègues intrigués. Après maints calculs et analyses du signal, les chercheurs sont arrivés à une certitude de 50% qu'il s'agit d'un BALQ (pour Broad Absorption Line Quasar). Un quasar d'un type particulier mais déjà rencontré par le passé. La mesure du spectre dans l'infrarouge – prévue pour bientôt – permettra de confirmer cette hypothèse, moins passionnante que celle d'une «étoile mystérieuse», mais probablement plus proche de la réalité. La médiatisation excessive d'un événement finalement assez banal pour un astronome aura au moins eu le mérite de relancer l'intérêt public pour la science de l'espace.

A. Vs