La chaîne de télévision publique allemande ARD a indiqué mardi qu'un des quinze otages européens toujours détenus dans le Sahara serait décédé il y a quelques semaines. Il s'agirait de Michaela Spitzer,

45 ans, une Allemande mère de deux enfants, originaire d'Augsbourg en Bavière. Informé par la police, son ex-mari aurait confirmé le décès. De son côté, le Ministère allemand des affaires étrangères a refusé de confirmer ou de démentir la mort de cette otage. Selon n.tv, une autre chaîne allemande, des cercles proches des services de sécurité ont eux aussi confirmé cette information. «Cette femme serait morte probablement d'insolation et son corps aurait été enterré dans le désert par les ravisseurs», a précisé un journaliste d'ARD. Les températures dans la région où se trouvent les touristes enlevés pour certains depuis plus de cinq mois avoisinent les 50 degrés en cette saison.

Opérations en cours

L'information révélée par ARD doit cependant être encore prise avec prudence tant cette affaire des otages du Sahara est entourée de mystère. Pour la presse algérienne, il semble aujourd'hui acquis que les quinze Européens (dix Allemands, quatre Suisses, un Néerlandais) ont quitté l'Algérie. Le quotidien El Watan affirme qu'ils se trouvent au Mali depuis trois jours. Les otages et les ravisseurs qui d'après les autorités algériennes appartiennent au Groupe salafiste pour la prédication et le Combat, auraient traversé plus de 1200 km à bord de véhicules. Le journal Le Matin précise que l'armée algérienne qui encerclait la zone du plateau de Tamelrik (Sud algérien) là où étaient localisés otages et ravisseurs aurait décidé d'ouvrir une brèche pour permettre au groupe de s'introduire au Mali.

En contrepartie de cette porte de sortie, les ravisseurs se seraient engagés à libérer les touristes. Des sources diplomatiques indiquent que des «agents de sécurité» allemands et suisses sont arrivés à Bamako, la capitale du Mali, pour prendre contact avec les autorités maliennes et négocier cette libération. De leur côté, les autorités algériennes continuent à fournir toujours aussi peu de détails sur la prise d'otages. Yazid Zerhouni, le ministre de l'Intérieur, a toutefois déclaré qu'il ne disposait aucune information selon laquelle les Européens seraient au Mali. «Des opérations sont en cours, a-t-il ajouté, et les otages sont actuellement localisés et toujours en vie.» Une déclaration qui contredit les dernières informations et tend à rendre encore plus confuse la situation des otages.