Des informations contradictoires continuent à circuler concernant le sort des quinze Européens (dix Allemands, quatre Suisses et un Néerlandais) retenus dans le Sahara algérien depuis plus de cinq mois.

Citant des «forces de sécurité européennes», la télévision allemande ZDF rapportait vendredi que les otages avaient été transférés par leurs ravisseurs dans le nord du Mali, pays qui possède une frontière avec l'Algérie. Le Département fédéral des affaires étrangères et le Ministère allemand des affaires étrangères ne se sont pas exprimés sur cet éventuel transfert, tout comme les autorités algériennes. De son côté Bamako, par la voix d'une source proche des services de sécurité maliens, a démenti que les otages et leurs ravisseurs puissent se trouver sur son territoire. On apprenait cependant dimanche que des forces de sécurité maliennes auraient été mises en alerte. «Après un renfort, nous avons reçu des instructions pour être prêts dans tous les cas de figure», a déclaré à l'Agence France Presse une source militaire malienne basée dans la région de Kidal (nord).

Impatience européenne

La presse algérienne ne semble pas donner trop de crédit à cette information. Le quotidien El Watan, qui le premier avait annoncé la libération de 17 autres otages européens le 13 mai dernier par un commando de l'armée algérienne, indiquait dans son édition de jeudi que les otages se trouvaient toujours en Algérie, dans le massif montagneux de Tamelrik (1500 km au sud-est d'Alger). Un contact a été établi entre les militaires et les ravisseurs en vue d'obtenir rapidement la libération des otages, avance ce journal.

«Pourquoi autant d'informations le plus souvent invérifiables? s'interroge un journaliste. Parce que cette affaire a trop duré et que les capitales européennes concernées commencent à s'impatienter. Toutes attendent une réaction d'Alger, il faut donc que quelque chose se passe. Comme cela tarde, on lance des leurres pour créer un électrochoc. C'est ce que la ZDF vient de faire.»