«On ne convaincra jamais ceux qui n'ont pas envie d'être convaincus», rétorque le procureur Xavier Richaud à ceux qui remettent en cause l'instruction de l'affaire de l'Ordre du Temple solaire (OTS). A l'entendre, les drames qui ont coûté la vie à 69 adeptes de l'OTS entre 1994 et 1995 se sont bien déroulés en vase clos, contrairement à ce que la découverte de phosphore en grande quantité à Saint-Pierre-de-Chérennes, dans le Vercors, pourrait laisser croire (Le Temps d'hier).

«Pas significatif»

«On a fait toutes les analyses de sol qu'il fallait en temps voulu, affirme le procureur. Et deux fois plus de phosphore que la normale, ce n'est pas significatif.» Une position que réfute l'expert qui a réalisé des prélèvements à la demande des familles, en décembre dernier. «Deux kilos de phosphore par m3 de terre, c'est vraiment une anomalie», répond à mots comptés Gilbert Lavoué, gêné par l'impact de sa découverte.

«Même s'il devait y avoir des quantités exceptionnelles d'un produit inflammable, ça ne prouverait pas la présence de tierces personnes», commente Xavier Richaud. Le procureur s'étonne aussi que de nouveaux témoignages émergent aujourd'hui. Il nie que le juge ait reçu des menaces «directes» et rappelle que les parties civiles avaient dix jours pour dénoncer le non-lieu lors de sa notification. «Il est vrai que c'est un dossier ahurissant et qu'on ne répondra jamais à tout, mais si on est sûr d'une chose, c'est de la manière dont sont mortes les victimes.»

Les parties civiles voudraient que le procès qui s'ouvre le 17 avril prochain à Grenoble soit celui de criminels qu'ils imaginent encore tapis dans l'ombre. Le procureur, pour qui le dossier est au contraire clos, se prépare à laisser chacun s'exprimer, «parce que ça participe aussi du deuil».