Le 27 septembre, les Suisses et les Suissesses se prononcent sur un congé paternité de deux semaines, issu de longues tractations politiques. Nous explorons les enjeux de ce choix à travers une série d’articles.

Lire aussi: Congé paternité: le long chemin du premier pas 

Du côté latin de la Suisse, on parle tout à la fois de congé paternité, en français, et de congedo di paternità, en italien. Le 27 septembre, les Suisses alémaniques voteront quant à eux au sujet du Vaterschaftsurlaub. Comprenez littéralement: vacances paternelles, équivalent masculin du Mutterschaftsurlaub. S’absenter du travail pour s’occuper d’un nouveau-né, vraiment des vacances? Et si la discorde politique n’était pas étrangère au choix des mots?

«Urlaub» versus congé

«Urlaub est un substantif qui vient du verbe erlauben, signifiant permettre ou autoriser. Historiquement, un Urlaub était donc une permission de partir, d’être absent du travail, éclaire Juliane Schröter. Dans les pays germanophones, les premières discussions et mesures pour la protection des mères datent de la fin du XIXe siècle, période à laquelle cet ancien sens du mot Urlaub était encore plus important qu’à nos jours.» C’est ainsi qu’est né le Mutterschaftsurlaub. Mais les langues évoluent sans cesse et la professeure de linguistique allemande à l’Université de Genève admet qu’aujourd’hui le mot Urlaub est plutôt associé à «un temps pendant lequel on n’est pas obligé de travailler et qui sert plutôt au repos».