C'est fait. Après le scandale qui éclabousse la filiale suisse de l'ONG «Menschen gegen Minen (MgM)» (lire Le Temps du 30 juin), Beat Voser, procureur du canton de Bâle-Ville, a décidé d'ouvrir une enquête pénale pour abus de confiance et escroquerie. «Nous avons décidé lundi de perquisitionner les locaux de cette association qui vient de se rebaptiser «Ensemble contre les mines (ECM)» et qui a choisi un immeuble de bureaux en pleine ville», a expliqué au téléphone Peter Gill, porte-parole du parquet de Bâle-Ville. MgM Allemagne, la maison mère, souligne de son côté qu'elle a mandaté un groupe d'avocats dans le but d'examiner les suites judiciaires à donner à l'affaire. Ne voulant pas être prise de cours, MgM Allemagne a déjà retiré l'usage de son nom et de son logo à l'ex-MgM Suisse qui s'est d'un coup autoproclamée «Ensemble contre les mines (ECM)».

D'après le Tages-Anzeiger, qui a révélé l'affaire dans son édition de samedi, sur 6,8 millions de francs récoltés en Suisse entre 2000 et 2002 par MgM Suisse, seuls 80 000 francs ont été directement investis dans des opérations de déminage en Angola et au Mozambique. En tout, ce sont près de 99% des fonds qui se sont volatilisés ou qui ont été dépensés dans des tâches administratives. Par contraste, des fondations telles que Caritas et Terre des Hommes redistribuent 85 à 90% des fonds qu'elles récoltent dans des projets.

Selon Josef Lauber, responsable de la récolte des fonds pour MgM Suisse, la dépense de cet argent est tout à fait normale étant donné que les deux premières années d'une ONG sont consacrées à l'investissement. Les conclusions de l'enquête lui donneront peut-être raison.