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«On bosse comme des malades», disent tous les reconvertis.

Reconversion

Ouvrir son bistrot à 40 ans

La quarantaine venue, ils ouvrent un resto, une maison d’hôtes, une boutique. Que recherchent-ils exactement?

Ils s’appellent Christian, Flavia, Renaud ou Lise. A l’aube de la quarantaine, ils ont décidé de sentir le souffle de la liberté. Pas en partant faire le tour du monde, ni en se la coulant douce, mais en devenant maîtres de ce qu’ils font, du matin au soir, sept jours sur sept. Dans leur bistrot, leur maison d’hôtes, leur boutique.

«Il y a un rapport direct entre les efforts que tu fournis et ta réussite» explique Renaud Meichtry, associé de la Brasserie de Montbenon, à Lausanne. Il a fait le grand saut alors qu’il avait fondé sa propre boîte, la maison de disques Irascible, où «tout était un combat» dans un marché pas vraiment florissant… Pas d’expérience dans la restauration, mais qu’importe. Entouré de bons amis qui connaissent le métier, il se lance à 40 ans pile, et savoure l’immense succès de la brasserie: «Mon loisir préféré, c’est bosser!»

Pas de vacances, pas de week-ends

De leur côté, Christian et Flavia Rieder ont ouvert une maison d’hôtes vers Porto Seguro, au Brésil. Auparavant, lui travaillait dans une entreprise de ferblanterie, elle au service traiteur de Migros. Une envie de profiter de la vie, de changer de job et de construire un projet en famille les a catapultés dans la peau de patrons d’une adorable pousada de 15 chambres. «On bosse comme des malades! On oublie que la mer existe, alors qu’elle est à dix minutes à pied.» Pas de vacances depuis des lustres, pas de week-ends – «ça commence à peser» – beaucoup de fatigue, mais «pas le même stress, et plus du tout de problèmes de sommeil». Envolés, les nœuds dans l’estomac chaque matin. Le couple relève l’aspect gratifiant de son labeur.

A quoi correspond ce besoin, ce fantasme de faire démarrer une petite affaire qui vous ressemble? Pour Constance Rivier, coach et codirectrice de l’entreprise LifeDynamic, tout est question de sens. Le sens: savoir pourquoi on est là, pourquoi on fait ce travail. Et les sens: se reconnecter par tous les moyens avec la base.

Pour la reconnaissance directe

«Les personnes qui entament cette démarche ont besoin de choses immédiates, d’une reconnaissance directe, tangible. Tu sers un plat que tu as préparé, tu vends un vêtement que tu as sélectionné… Ils sont souvent dans le refus d’un métier qui manque de concret», détaille la coach. D’un point de vue plus global, la psychologue du travail FSP Annabelle Péclard voit là une conséquence des crises humanitaire, écologique, migratoire, de la mondialisation, de la délocalisation et de l’accroissement des pressions. «Avec l’insécurité grandissante, le besoin de se recentrer sur soi augmente. Les contraintes qui s’accentuent poussent à la créativité, et sortir du cadre devient une alternative.»

Pourquoi à 40 ans particulièrement? Là encore, elle souligne les problèmes de stress, de burn-out ou autres éléments qui font prendre conscience de la fragilité de la vie. «Cet âge correspond souvent à une remise en question. Cela peut être suite à une crise familiale, ou à la disparition d’un proche. Aujourd’hui, à 40 ans, on est encore jeune, en bonne santé. A l’époque, les gens se disaient: «J’attends la retraite.» Maintenant, on se dit: «Qu’est-ce que je pourrais faire pour bien vivre ces années-là? C’est maintenant ou jamais!» Elle relève également que ces projets se réalisent souvent en couple ou entre amis.

«On ne compte pas ses heures»

Evidemment, ce type de reconversion demande une implication phénoménale. On ne compte pas ses heures, et partir en vacances représente un défi. «Lorsque des clients me parlent de leur idée, je vérifie d’où vient leur motivation, souligne Constance Rivier. Pour voir si ce n’est pas uniquement afin de fuir quelque chose, et pour éviter le désenchantement.» Ceux qui tentent le coup pourront, eux, chanter «Non, je ne regrette rien» à tue-tête.

 

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