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La page d’accueil du «Temps» est-elle figée?

Un lecteur regrette que des articles restent «une éternité» en pôle position. Présentation de la mécanique du site

«Un petit mot pour *ne pas* féliciter l’équipe qui gère votre site web. Des articles qui restent une éternité, d’autres qui apparaissent presque deux jours après la version papier, une mauvaise catégorisation et un moteur de recherche inefficace, bref, rien de satisfaisant.»

Le message, reçu il y a quelques jours, est signé d’un «abonné numérique qui pour l’instant n’en a pas pour son argent». Sa critique représente une occasion parfaite pour présenter le fonctionnement du site du Temps.

Les articles «éternels»

La composition de la page d’accueil dépend avant tout des contenus produits par la rédaction. Un travail d’investigation sera mis en valeur tandis qu’une dépêche d’agence ne résistera pas longtemps au flot de l’actualité. Il faut également donner une place à la production vidéo ainsi qu’aux podcasts. Trouver un équilibre permet à chacun d’y trouver son compte et de percevoir la variété des formats proposés.

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Certains lecteurs picorent dans l’offre du Temps, et manquent parfois la publication d’un article conséquent. Pour éviter qu’il ne passe inaperçu, l’équipe web fait le choix de le maintenir en bonne position. La page d’accueil est-elle pour autant figée? «Concernant le rythme de changement des articles sur notre site, nous accélérons un peu la cadence, note Nicolas Dufour, chef d’édition numérique. L’espace n’étant pas infini – sous peine de devoir naviguer de manière peu ergonomique –, nous essayons de donner une durée de vie correcte à nos articles sur la page d’accueil. En nous comparant à d’autres médias, nous observons que nous sommes un peu plus lents, mais certains le sont davantage.»

Notre datajournaliste Paul Ronga a, pour un projet personnel, mesuré la durée de vie des articles au sommet de la page d’accueil dans une sélection de médias romands et français. Résultat: un article du Temps reste en moyenne une heure en pôle position, contre environ une heure vingt sur le site de la Tribune de Genève. A noter que certains internautes nous reprochent au contraire le fait que la vie des articles sur la «home» est parfois trop courte.

Les articles en décalé

Ces différents éléments reflètent une stratégie éditoriale claire. Le Temps privilégie l’analyse ou le reportage afin d’apporter une plus-value aux lecteurs, surtout à une époque marquée par la désinformation. Cette orientation a récemment été précisée dans la page «A propos». Auparavant, l’internaute pouvait lire que le site «propose le traitement de l’actualité en continu et des compléments multimédias à forte valeur ajoutée». Désormais, il apprend que «sa stratégie consiste à proposer des contenus à forte valeur ajoutée, qu’il s’agisse de textes, de vidéos ou de créations multimédias». Si Le Temps reste attentif aux soubresauts de l’actualité, la course à l’information a disparu.

Dans ce cadre, l’équipe web opère des choix pour optimiser la visibilité des contenus. Un article n’est pas obligatoirement publié au même moment sur le site et dans le journal. «Nous avons en effet tendance à distinguer la publication papier de la mise en ligne pour certains articles. Pour au moins deux raisons, explique Nicolas Dufour. D’abord, trop d’articles seraient mis en ligne le soir si on suivait le rythme du papier, alors que le site est peu fréquenté à cette période de la journée. Ensuite, le journal a ses espaces fixes, que le web n’a pas. Par exemple, vous trouvez des articles dans le cahier «Week-end» sur des films qui sortent plusieurs jours plus tard. Dans ce cas, il nous paraît judicieux de placer l’article en ligne plus tard pour coïncider avec la sortie du film.» Cette stratégie permet également de proposer des contenus magazine la semaine.

Mais rassurez-vous, la rédaction pense aux lecteurs frustrés de ne pas trouver immédiatement leurs thématiques favorites sur notre page d’accueil. Dans un développement futur, ils pourront recevoir des notifications en fonction de leurs intérêts.

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