Les livres de vulgarisation psychologique, ce n’est pas ce qui manque. Celui-ci est postfacé par Christophe André, champion des ventes chez Odile Jacob.

Mais s’il est original et réussi, c’est surtout grâce à son auteure, Olivia Hagimont. Une ex-styliste devenue dessinatrice et blogueuse, qui a frisé le suicide il y a deux ans sous l’effet de crises de panique envahissantes. Elle s’en est sortie et raconte la chose dans une BD miraculeusement drôle et drôlement bien tournée.

On l’y voit devenir verte et squelettique à cause d’un œsophage «serré comme un string», perdre ses amis lassés des «excuses pourries» qu’elle avance pour ne pas honorer ses rendez-vous (la vérité, c’est qu’elle ne peut plus prendre le métro sans paniquer), s’endormir sur les WC à cause des médicaments qui vous mettent «en mode moule sur le rocher», renaître à la vie après un séjour en hôpital psychiatrique et une thérapie.

Le message est, bien sûr, qu’on peut s’en sortir mais s’il passe si bien, c’est probablement parce que l’enfer du paniqué y est décrit avec une verdeur conjuratoire.

Odile Jacob prépare déjà un nouveau volume, selon le même concept, mais à propos d’un autre trouble et avec un autre dessinateur. A voir ce que ça donne sans Olivia.

«Ça n’a pas l’air d’aller du tout! ou comment les crises de panique me sont tombées dessus», Olivia Hagimont, présenté par Christophe André. Ed. Odile Jacob, 95 p.