«C'est la première fois que je participe aux JMJ. Un ami m'avait invité à Paris, mais je n'étais pas prêt. Entre-temps, j'ai vécu une conversion, vers l'âge de 22 ans. J'ai eu une adolescence très révoltée par rapport à la foi et à l'Eglise. J'avais une vision du monde très égocentrique. Je pensais que l'homme pouvait se suffire à lui-même. Je ne voyais pas la nécessité de croire en Dieu, et je n'allais jamais à l'Eglise, sauf pour des cérémonies particulières, comme des mariages ou des enterrements. J'étais aussi révolté par mes parents qui sont pratiquants.

» Ma conversion a été un long cheminement, balisé d'épisodes assez forts. On veut tous aimer et être aimés. C'est cette soif d'amour qui m'a amené à me poser la question de savoir s'il n'y avait pas quelque chose au-dessus de l'homme. Un jour, j'ai compris que j'étais aimé par Dieu, et ma conversion a commencé. J'ai reconnu la pauvreté de l'homme et l'infinie bonté de Dieu. J'ai redécouvert peu à peu ce qui avait été déjà semé en moi par mes parents et par l'Eglise. Maintenant que je suis croyant, je me dis qu'il est impossible de vivre sans croire.

» Ce qui me touche le plus dans ces JMJ, c'est de savoir que nous ne sommes pas seuls. Dans la vie quotidienne, on est vite confronté à la solitude du jeune croyant. Ici, il y a une communion, on partage le même chemin. Cette expérience fortifie ma foi.

» Pour moi, le pape est la personnalité la plus marquante de ce siècle. Il tient la boussole du monde. Ce qui me plaît, c'est sa jeunesse. Son message est tellement vrai qu'il va droit au cœur, mais il est exigeant, comme l'Evangile. Il ne faut jamais oublier que le message de l'Evangile, c'est la recette du bonheur. Il est vrai que ce que l'Eglise propose n'est pas toujours facile à appliquer. Si on noue vraiment une relation avec Dieu, il est important de répondre à l'exigence de l'Eglise. Il revient à chaque chrétien d'agir en sa conscience, sous le regard de Dieu.

» En ce qui concerne l'avortement, c'est le rôle du pape de défendre la vie. Personnellement, je ne juge pas les personnes qui avortent, mais je défends l'avis du pape. Sur la question de l'homosexualité, je veux être prudent. J'estime que la provocation dans les Gay Prides ne mène à rien. Le monde n'a peut-être pas autant besoin de sexualité. L'Eglise se doit d'en rappeler la beauté, ce qui implique une exigence. Cela dit, je comprends que cette exigence puisse choquer.

» La structure hiérarchique de l'Eglise ne me dérange pas. Je m'intéresse d'abord à la beauté du message chrétien. Il faut cependant reconnaître que l'Eglise est humaine, et sublime. Toute entreprise humaine a des défauts. Les défauts de l'Eglise, je les accepte.»