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Le pape François durant la messe de minuit le 24 décembre 2015 au Vatican
© Giulio Origlia

Rome

Le pape dénonce le terrorisme et la destruction du patrimoine

Le message de Noël et la messe de minuit du pape François ont été marqués par la menace terroriste, tant dans le message que par les mesures de sécurité renforcées au Vatican

Vendredi, lors de son message de Noël, le pape François a dénonce les «atroces actions terroristes» et la destruction du «patrimoine de peuples entiers». Il a rappelé «les atroces actions terroristes sous les cieux d'Egypte, à Beyrouth, Paris, Bamako et Tunis», et déploré que le terrorisme «n'épargne pas non plus le patrimoine historique et culturel de peuples entiers».

Une messe sous haute tension jeudi

Soldats et policiers étaient déployés en grand nombre autour du Vatican. A 21h30, le pape François, 79 ans, qui semblait fatigué et pâle après une grippe qui l'a affecté ces derniers jours, est arrivé au milieu d'une longue procession dans la nef de la basilique au son du «Gloria in excelsis Deo». Ce chant ouvre la célébration de la messe dite de minuit, avancée de plus d'une heure depuis des années.

Crainte d'attentats

Les pèlerins, par crainte d'éventuels attentats, n'étaient pas venus en foule plus tôt dans la journée sur la place Saint-Pierre, malgré l'ouverture début décembre du «Jubilé de la miséricorde» par le pape. Les célébrations de cette fête de la «paix» pour les chrétiens ont lieu cette année dans un contexte tendu, en raison des menaces du groupe Etat islamique (EI) et d'autres mouvements djihadistes.

Appel à la fermeté...

Dans son homélie prononcée jeudi soir dans une basilique comble, François a exhorté les catholiques à «cultiver le sens de la justice», dans un monde «trop souvent dur avec le pécheur et mou avec le péché».

Dans une société «souvent éprise de consommation et de plaisir, d'abondance et de luxe, d'apparence et de narcissisme, Dieu nous appelle à un comportement sobre, c'est-à-dire simple, équilibré, cohérent, capable de saisir et de vivre l'essentiel», a poursuivi le pape argentin.

Le pape a en outre estimé que doivent «cesser toute peur et toute frayeur» pour les chrétiens, en raison de la «lumière» que constitue la naissance de Jésus, «notre Sauveur né dans une mangeoire» à Bethléem.

... et à la réconciliation

Vendredi, le pape a lancé des appels à la réconciliation, du Moyen-Orient à l'Afrique. Il s'est s'adresser à midi aux fidèles depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre pour la bénédiction «Urbi et orbi»: occasion solennelle pour les papes de dénoncer année après année des situations de conflit et d'injustice de particulière intensité.

Les guerres en Syrie et en Irak, les persécutions des chrétiens d'Orient, les nombreux conflits civils en Afrique, les menaces à l'environnement, le respect des immigrés qui fuient leurs pays par mer ou par terre, tous ces thèmes ont être abordés par François dans cette exhortation.

Les pèlerins étrangers étaient rares aussi à Bethléem, où a été célébrée la messe dans la basilique de la Nativité, lieu de naissance de Jésus selon l'Evangile. Le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal a largement évoqué le conflit au Proche-Orient, alors que quatre Palestiniens étaient abattus en Cisjordanie occupée au moment où débutaient les célébrations.

Mention d'Israël et de la Palestine

«Nous songeons aux maisons démolies à Jérusalem et en Palestine, aux terrains expropriés et aux hommes touchés par une punition collective», a-t-il dit dans son homélie, alors qu'Israël a repris les démolitions de maisons de Palestiniens accusés d'avoir mené des attaques anti-israéliennes. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, assistait à la messe.

Le patriarche avait annoncé que la messe de Noël serait dédiée aux victimes du «terrorisme, cette idéologie mortifère qui répand la barbarie au milieu d'innocents». En leur hommage, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte avait invité «chaque paroisse à éteindre pendant cinq minutes les lumières de l'arbre de Noël, en signe de solidarité».

Un Noël sous tensions pour de nombreux chrétiens

Dans de nombreux pays, la fête de Noël a été en partie éclipsée par les violences. En Syrie, les chrétiens de villages menacés par l'Etat islamique (EI) ont passé la fête de la Nativité dans l'angoisse.

  • En Syrie, le nonce du Saint-Siège à Damas, Mario Zenari, a souhaité jeudi sur les ondes de Radio Vatican que ce quatrième Noël de guerre soit le dernier. «Nous voulons espérer que ces germes apparus (notamment la feuille de route approuvée récemment par le Conseil de sécurité de l'ONU) puissent fleurir. Et que, l'an prochain, dans toutes les crèches de Syrie, il y ait autant de rameaux d'olivier.»
  • En Irak, où la communauté chrétienne s'est réduite comme peau de chagrin ces dernières années, le cœur n'était pas à la fête. «Nous prions pour le retour des déplacés sur leur terre», confiait Farida, dont douze proches ont dû abandonner leur maison après la prise par l'EI en juin 2014 de la deuxième ville du pays, Mossoul.
  • En Somalie, pays à majorité musulmane, le gouvernement est allé jusqu'à interdire les célébrations de Noël et du nouvel An au motif qu'elles pourraient susciter des attaques des islamistes shebab.

Et pendant ce temps, à Paris, où des attentats revendiqués par l'EI ont fait 130 morts le mois dernier, la sécurité était renforcée à l'entrée des églises. Les visiteurs étaient bien moins nombreux que de coutume dans la capitale française.

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