«Il y a trois ans, j'ai participé aux JMJ à Paris. Cette expérience m'a poussé à venir à Rome. C'est une démarche de pèlerin qui me permet de reprendre des forces. Ça fait un bien fou de voir le nombre de personnes qui partagent la même foi! Les JMJ, c'est une communion, une joie partagée, une fête. L'attitude des gens pendant les JMJ me fait penser un peu à cette civilisation de l'amour dont on rêve. C'est une fête pour le Christ.

» Le pape est une personne qui rayonne de sainteté. Un vieillard comme lui, pourquoi s'épuiserait-il comme ça s'il n'y avait pas le Christ en lui? Je pense beaucoup de bien de lui, il fait preuve d'un courage exemplaire dans ce qu'il proclame, à temps et à contretemps. Il est le garant de la foi. Le chemin qu'il nous propose est un chemin de bonheur, pas facile à suivre. Mais je suis persuadé que c'est le bon. J'en fais l'expérience tous les jours. Je ne pense pas que l'enthousiasme que les jeunes manifestent à son égard relève du culte de la personnalité. Si le pape était un jeune adonis, on pourrait se poser la question. Pour moi, un culte de la personnalité est quelque chose qu'on impose. Ce n'est pas le cas de Jean Paul II. Il propose, mais il n'oblige pas. Et puis, on ne rend pas un culte à Jean Paul II pendant les JMJ, mais au Christ. Le pape est un instrument qui fait passer un message.

» L'Eglise est moraliste, oui, mais c'est parce qu'on a besoin de morale. Elle indique une éthique de vie. Je constate que le pape propose une voie vers l'idéal. J'apprécie que quelqu'un ose dire qu'il n'y a pas que le préservatif pour échapper au sida, mais également la fidélité.

» Je suis contre l'avortement, mais ça ne signifie pas que je juge ou que je condamne les personnes qui le pratiquent. Je peux comprendre, sauf si c'est pour une question de confort personnel. L'Eglise propose d'attendre le mariage avant de passer à l'acte sexuel. Je trouve que c'est une démarche positive qui peut permettre de grandir dans une sexualité de couple, et qui préserve l'importance des gestes. C'est un idéal et, personnellement, ça ne me gêne pas d'attendre.

» Je suis croyant et pratiquant. J'ai toujours fréquenté l'Eglise, non sans me poser des questions. Mais je me suis dit que mes parents m'avaient proposé la foi, j'ai essayé, et ça a marché. J'ai reçu quelques signes sur mon parcours qui m'ont convaincu. Aujourd'hui, on manque de culture de la foi. L'usage veut qu'on laisse choisir en matière de foi. Mais si on ne donne rien à choisir, il n'y a pas de choix.»