Pour son 98e voyage hors d'Italie, le pape a choisi de revenir sur sa terre natale, la Pologne. Il entame aujourd'hui une courte visite de quatre jours dans ce pays où il se rend pour la huitième fois depuis le début de son pontificat. Contrairement à son précédent séjour en 1999, pendant lequel il avait sillonné la Pologne durant treize jours, il ne restera cette fois que dans une seule ville, Cracovie. Malade et fatigué, Jean Paul II a dû s'adapter à un nouveau style de visites pastorales, marquées par des programmes réduits et de longs intervalles de récupération. Son séjour en Pologne sera le dernier voyage international qu'il effectuera cette année. Des millions de Polonais seront au rendez-vous pour les deux messes que Jean Paul II célébrera. Pour nombre d'entre eux, ce déplacement s'annonce comme le chant du cygne du vieux pape, tant sa santé est source d'inquiétudes.

Points forts de ce week-end: la consécration de l'église de Lagiewniki à la Divine Miséricorde dans un faubourg de Cracovie et la béatification de Zygmunt Szczesny Felinski, un Polonais pionnier du catholicisme en Russie. Cette béatification intervient alors que les relations entre le Vatican et les autorités de l'Eglise orthodoxe russe sont très tendues. En février dernier, le Saint Siège a en effet créé quatre diocèses en Russie, un geste qui a déclenché la colère du patriarche Alexis II. Le nouveau bienheureux, qui a vécu au XIXe siècle, n'a été archevêque de Varsovie que seize mois. Il avait été condamné à la déportation en Sibérie à la suite de l'insurrection polonaise contre le pouvoir tsariste, en janvier 1863. Il a mené une importante activité religieuse en Sibérie, où il a réussi à faire construire une église.

Malgré les scandales qui entachent la réputation de l'Eglise catholique, le pape est assuré de la foi des Polonais; 90% de la population se déclare croyante et plus de 50% pratiquante. La série noire des révélations concernant la pédophilie ou l'homosexualité de prêtres a également touché la Pologne. Suite à des révélations sur son comportement homosexuel et bien qu'il ait toujours clamé son innocence, l'archevêque de Poznan, Mgr Julius Paetz, qui est aussi l'ancien collaborateur personnel de Jean Paul II, a dû démissionner.

Les rumeurs concernant une possible démission du pape lors de ce voyage vont à nouveau bon train, mais le Vatican a toujours démenti ce type de bruits. Il est en effet peu probable que le pape renonce à sa fonction tant que sa santé lui permet de continuer à gouverner l'Eglise.