A la maison, votre adolescente vous lance: «Je crois je suis malade!» Ce «que» manquant entre ses mots vous hérisse le poil. Vous pensez peut-être que les jeunes maltraitent le français, qu’ils sont flemmards au point de vouloir tout abréger ou inventent des termes indéchiffrables par les non-initiés. Laélia Véron vous répondrait certainement que vous avez tort, que c’est bien plus compliqué que cela, mais que vous êtes nombreux à avoir ces clichés en tête. Dans son nouvel ouvrage, vous apprendrez alors que le «que» s’éclipsait déjà au XIIe siècle et que Renart lui-même eût dit «Je crois il vous en manque». Fascinant, non?