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Pour parler réchauffement, «Le Temps» a ouvert les fenêtres

Nous avons intégré une vingtaine de jeunes Romands à la rédaction pour nous aider à élaborer une opération spéciale sur les enjeux environnementaux. Désarmant et inspirant

Economie, politique, société, culture, sport, sciences : les enjeux écologiques traversent toutes les strates de notre société. Comment passer de l'analyse à l'action? Quelle est la part de décisions individuelles et celles qui relèvent de choix politiques? Pourquoi la complexité du défi ne doit pas nous décourager?

Découvrez pendant la première quinzaine de mai, et à tout moment sur une page dédiée, une série d'enquêtes sur le thème de la transition écologique. Retrouvez le 9 mai, une édition spéciale du Temps à ce sujet, à l’occasion du Forum des 100.

Depuis le début d’année, nous avons, comme vous tous, été frappés, ravis ou surpris par la prise de conscience générale quant à l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons. Face à cet immense défi, que peut faire un média romand, sinon retrousser ses manches et tenter de faire ce qu’il fait de mieux: raconter la situation de la façon la plus objective possible. Une petite équipe au sein de la rédaction a donc lancé un projet de numéro spécial, fin février.

Parce que l’on sent – et que l’on espère – que ce n’est pas juste une vague verte qui passe, mais bel et bien un mouvement écologique qui s’installe, nous avons voulu faire différemment. Pour faire entrer des idées nouvelles dans la rédaction, nous avons sollicité une vingtaine de jeunes âgés de 15 à 25 ans et originaires des différents cantons romands.

Ils s’appellent Louise, Kevin, Sébastien, Malika ou Zélie. Ils sont sortis dans la rue, ont participé à la grève du climat. Ils ont été critiqués pour l’ambivalence de leur «génération EasyJet, qui manifeste le vendredi et part à Barcelone le samedi». Nous les avons invités dans notre rédaction.


Les premiers articles de notre opération


Un article sur trois

Avec pour objectif, non pas d’écrire un article à partir de leurs revendications, mais de les intégrer à la production de cette opération spéciale. Ecouter leurs envies, leurs frustrations, leurs espoirs, leur désespoir et leurs idées. Le fruit de ces heures de discussion? Plus d’une dizaine de sujets qui sont venus s’ajouter aux autres que nous avions déjà prévus de réaliser. En gros, environ un tiers de la quarantaine d’articles liés à la thématique climatique et environnementale, publiés sur notre site pendant la première quinzaine de mai et réunis dans une édition spéciale, le 9 mai, sont des sujets que nous n’aurions pas fait sans eux.

Ce groupe de jeunes est déjà venu deux fois dans la rédaction et y reviendra une troisième fois ce jeudi 2 mai, une semaine avant le 9 mai, qui est aussi le jour du Forum des 100, une quinzième édition consacrée à la transition écologique. Mais nous pouvons déjà tirer un premier constat: comme nous le pressentions, nous nous sommes mis en difficulté en les associant à l’élaboration de ce projet. Mais changer nos habitudes de réflexion, se faire désarçonner par des remarques tantôt naïves tantôt pleines de bon sens, fut un exercice très enrichissant.

Enrichissant et parfois même déstabilisant. A l’image de cette remarque, venue une fois que le sommaire initial avait été présenté: «C’est très bien, mais aucun article ne pointe le vrai problème. A savoir qu’à court terme la seule énergie qui sera acceptable sera celle qui est produite par le corps humain.» Que répondre à cela?

Découvrir le journalisme

Plus inattendu: l’exercice a également été l’occasion pour nous, journalistes, de tisser un lien avec un public qui semble de moins en moins à l’aise avec notre métier. Quelles différences entre un article, un commentaire ou un éditorial? Mais aussi, séparation du fait et du commentaire, donner une parole équitable à toutes les parties, etc. Tant de choses que ces jeunes, de moins en moins consommateurs de médias traditionnels (à part «certaines capsules de la RTS sur Facebook») ne semblent pas connaître.

Cela ne les empêche pas d’être critiques, intelligents, inspirants et, du coup, rassurants pour notre avenir, en ces temps de morosité climatique.


Retrouvez notre page dédiée à nos liens avec les lecteurs et au journalisme.

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