Environnement

La parole aux jeunes

Douze des dix-huit jeunes romands invités à collaborer à notre opération spéciale ont saisi la perche que nous leur avons tendue: écrire un court texte qui résume le mieux possible leurs envies, leurs solutions, leurs frustrations, leurs craintes, leurs espoirs, leur désarroi ou leur colère face à l’urgence climatique

Economie, politique, société, culture, sport, sciences: les enjeux écologiques traversent toutes les strates de notre société. Comment passer de l’analyse à l’action? Quelle est la part de décisions individuelles et celles qui relèvent de choix politiques? Pourquoi la complexité du défi ne doit pas nous décourager?

Découvrez notre page spéciale d'articles et de vidéos sur le thème de la transition écologique.

Garder espoir

Le plus important, c’est de garder espoir, je pense que nous avons beaucoup de choses à changer et peu de temps pour le faire, mais nous pouvons y arriver en suivant des projets tels que supprimer les véhicules à essence et les remplacer par ceux à hydrogène. Je parle bien entendu d’un seul problème, mais pour être efficaces, il faut mener un projet à la fois mais jusqu’au bout. C’est là le projet d’une vie: la mienne.

Kevin Pernet, 19 ans, Valais


La radicalité doit dominer

Radicalité: ce mot en effraie plus d’un. Pourtant, il devrait s’agir du mot d’ordre lorsque l’on réfléchit aux façons de résoudre la crise climatique. Il n’est aujourd’hui plus possible d’appliquer des solutions qui se plient à la logique économique de la croissance infinie, cause même de la probable fin de notre civilisation. Cela implique de repenser et modifier nos modes de vie actuels en profondeur pour que l’on atteigne une empreinte écologique qui ne dépasse plus les ressources disponibles sur la planète.

Sheldon Masseraz, 20 ans, Valais


Un PIB vert

Selon moi, la solution idéale serait de changer le système économique actuel afin de créer un modèle économique dont le profit ne serait plus roi mais où la préservation de l’environnement régnerait. Changer le système, oui, mais comment? Cela passerait par des banques qui investiraient dans l’énergie dite verte, par la mise en place d’un PIB vert qui prendrait en compte les effets de la croissance économique sur l’environnement et, surtout, par une économie circulaire qui limiterait la consommation et le gaspillage des ressources.

Louise Perriard, 18 ans, Neuchâtel


Rationner l’énergie

Nous demandons toujours plus d’énergie pour toujours plus d’actions quotidiennes. En Suisse, sa consommation a certes baissé l’an dernier, mais ce constat semble endémique à l’Europe occidentale. Nous nous devons donc de réagir. Nous devons rationner notre énergie si nous voulons éviter l’épuisement de nos ressources, qu’elles soient minières ou spatiales, plutôt que de la produire «proprement». Le constat est le même que pour nos déchets. La meilleure énergie est celle qui n’est pas produite.

Sébastien de Morsier, 18 ans, Valais


En vidéo: Numéro spécial «Environnement»: des jeunes Romands font «Le Temps»


L’écologie comme un plaisir

Faisons des efforts pour l’écologie. Tout est dit. Et si le problème se trouvait dans le mot même: effort. Pourquoi actions écologiques riment avec contrainte? Changeons de perspective: et si c’était plaisirs et découvertes qui s’accordaient avec écologie? Le train peut être un lieu de rencontre, le jardinage un plaisir et du temps pour soi. Acheter en vrac a ses bénéfices écologiques, il en a aussi sur notre porte-monnaie.

Malika Naula, 17 ans, Neuchâtel


Insouciance environnementale

Nous sommes face à un réel problème de société dont trop peu de monde prend acte. Nos modes de vie «normaux» et notre insouciance environnementale sont devenus une forme d’extrémisme destructeur. Réduire notre consommation de viande et nos vols en avion, voire y renoncer, devrait être un devoir citoyen indispensable envers les enfants d’aujourd’hui et de demain. Ce sont elles et eux qui devront assumer les conséquences de notre irresponsabilité. Notre confort éphémère vaut-il plus que leur vie?

Zélie Schneider, 24 ans, Fribourg


Nous ne sommes pas utopistes

Aujourd’hui, tout le monde pointe la relative incohérence des jeunes. C’est oublier une chose: ce n’est pas en fermant le robinet quand on se brosse les dents que nous allons sauver la planète, mais bien en empêchant les multinationales de violer les normes environnementales. Nous ne sommes pas des utopistes. Les utopistes, ce sont ceux qui pensent que l’on peut continuer ainsi sans rien faire. De plus, arrêtons de parler de développement durable, ce n’est rien d’autre qu’une douce illusion qui nous mènera à notre perte.

Hamza Palma, 16 ans, Vaud


La dérive écofasciste

Face aux pressions exhortant à des mesures nécessaires pour sauver notre planète, on nous brandit la dérive écofasciste pour éviter toute mesure contraignante, le risque pour nos libertés étant intolérable. Mais ce qui met vraiment en péril nos libertés les plus fondamentales, c’est l’inactivité face à ce qui pourrait mener notre civilisation à sa perte. Notre démocratie repose sur l’exploitation de la Terre et de ses ressources fossiles. L’équation est simple: nous décidons de changer ou l’on y sera forcé.

Loris Ducry, 21 ans, Fribourg


Un changement rapide

Il est clair que nous n’arriverons pas à réagir à l’urgence climatique dans le système sociétal ultra-consumériste actuel en prônant une croissance verte et durable. Un changement de système rapide est indispensable: on ne peut plus attendre sur les institutions, il va falloir le faire par nous-mêmes, radicalement. Commencer à construire une société plus locale, autosuffisante, plus humaine et proche de la nature sera notre seul salut; et bien moins utopiste que de vouloir adapter le système.

Paula Rouillez, 17 ans, Neuchâtel


Greta Thunberg n’est pas seule

Depuis août 2018, la jeune Greta Thunberg a été le déclencheur et un exemple pour les différents sous-groupes de l’organisation FridaysForFuture. Mais elle n’est pas à elle seule l’entièreté ni le leader du mouvement. Il semble évident que si les médias veulent aider ou être exacts dans les informations qu’ils relaient, ces derniers devraient s’intéresser aux actions et avancées des mouvements locaux, et surtout à leurs victoires, plutôt qu’à alimenter ce culte de la personnalité qui monte autour d’elle.

Albertine Gbric, 17 ans, Vaud


Une décroissance immédiate

Les énergies renouvelables fournissent aujourd’hui moins de 20% de l’énergie mondiale et sont basées sur des matériaux eux-mêmes non renouvelables (métaux rares notamment), dont les limites sont déjà connues. Des batteries sans lithium? Des panneaux solaires sans silicium? Des câbles sans cuivre? Nous n’en connaissons pas encore, et il semble irréaliste et irrationnel de penser que nous développerons tout cela dans les quelques années cruciales à venir. La seule transition réaliste est une décroissance immédiate et massive.

Gary Domeniconi, 20 ans, Neuchâtel


«Choisissons nos priorités»

Notre survie ne semble pas être la priorité de nos politiques. Alors que notre pays est dépositaire des droits de l’homme, UBS et Credit Suisse ont été responsables de deux fois plus d’émissions de gaz à effet de serre en 2017 que l’ensemble de la population et des industries, selon Greenpeace. Celles-ci ne font pourtant l’objet d’aucunes sanctions par nos autorités. Au contraire, leurs investissements dans le fossile augmentent. La Suisse doit choisir ses priorités.

Ana Ziegler, 18 ans, Neuchâtel


Une crise de civilisation

Les problèmes écologiques ne se cantonnent pas à des visions scientifiques ou catastrophistes. Les premières conséquences pour l’humanité se chiffreront en baisse de la qualité de vie, en millions de réfugiés climatiques, en tensions de plus en plus palpables puis en guerres. La cause commune à ces problèmes peut être trouvée. La crise climatique est en fait la crise de notre civilisation thermo-industrielle; et du capitalisme, système ni soutenable ni durable, ni pour l’humain ni pour la nature. Il est nécessaire aujourd’hui de lutter pour avoir une vie plus digne et un environnement sain.

Madé Borel, 18 ans, Genève

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