L’art du départ (7/7)

Partir pour mieux revenir?

Les vacances, c’est bien parce que c’est une parenthèse et qu’on en revient. Sauf pour certains, qui décident de rester… Ultime chronique estivale

La saveur des vacances tient à leur rareté et à leur brièveté. A l’effet de rupture qu’elles provoquent dans un quotidien balisé. Le lieu de villégiature n’a pas besoin d’être mieux que le lieu de résidence, il a juste besoin d’être autre, contrasté… Autrement dit, les vacances, c’est bien, parce qu’on en revient.

Imaginez qu’on vous propose de vivre là où vous venez de passer quinze jours de farniente. Vous signez? Pas moi, même si j’adore le Valais et ses montagnes acérées. Même si j’adore Sète et son côté vintage assumé.

J’aime ces endroits en tant que parenthèses, en tant qu’échappées. Comme la plupart d’entre vous, j’appartiens à l’endroit où je travaille, j’aime, je m’amuse, je vieillis… Comme la plupart d’entre vous, j’appartiens à l’endroit où je vis.

Fou d’Ecosse

Mais il y a des exceptions. Il y a des gens qui partent innocemment en vacances dans des lieux dont ils tombent amoureux. Au point de (vouloir) s’y installer. Ce doit être fou, non, cette sensation? Un coup de foudre avec une ville, un pays, une région. Un flash pour les paysages, la langue, les habitants, les habitudes, les traditions…

Je suis un peu jalouse de n’avoir jamais éprouvé cette émotion. D’autant que mon compagnon nourrit ce type de passion. Son flash à lui, Belge d’origine et Suisse d’adoption? L’Ecosse, belle et sauvage, où, du coup, nous nous rendons chaque année, en pèlerinage.

Maghreb, mon amour

En fait, ce n’est pas vrai. J’ai eu ce flash. Pour le Maghreb et l’Orient. Tlemcen, en Algérie, j’avais 8 ans. Et Mahdia, en Tunisie, plus tard. Ou encore Istanbul, Beyrouth, récemment. Les ambiances, les odeurs, les voix: chaque fois, j’ai l’impression d’être chez moi.

Mais c’est trop intimidant. Et peut-être déplacé, vu le flot migratoire qui remonte une partie de ce courant. Jamais, sans doute, je ne confirmerai cet engouement. Ou alors quand je serai très vieille, donc très jeune au-dedans.


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