Un communiqué laconique qui clôt un feuilleton médiatique de plusieurs semaines. Peu après seize heures, hier, la Radio suisse romande annonçait la démission de Pascal Décaillet, producteur et animateur de l'émission Forum, en «parfaite confraternité avec son employeur», selon les propos de Gérard Tschopp, directeur de la RSR. Un discours de concorde qui tranche avec les divergences qui ont opposé l'animateur vedette à sa hiérarchie. Pour mémoire, la direction avait décidé de renouveler le concept de l'émission Forums et avait proposé, dans ce sens, une nouvelle case horaire, les matinales, à son journaliste.

Une évolution refusée par Pascal Décaillet comme le révélait un article du Matin Dimanche du 5 mars dernier mettant en scène l'animateur blessé dans son orgueil, une édition du Poète assassiné d'Appolinaire à la main. Depuis, la crise n'a cessé de s'envenimer: déclarations de dignité offensée dans la presse d'un côté, de l'autre fronde de l'équipe de Forums qui indiquait son refus de reprendre le travail sous les ordres de son chef. La situation semblait sans issue jusqu'à cette démission que toute la RSR attendait pour entreprendre sereinement la mue de Forums.

«Forums va continuer. Nous attendions l'issue de cette crise pour nous concentrer à nouveau sur l'émission. Nous informerons prochainement des changements qui interviendront dans son contenu», se borne à déclarer Gérard Tschopp, qui refuse de commenter plus avant le départ de son journaliste.

De son côté, Pascal Décaillet n'apparaît guère plus loquace. Son départ n'était pas nécessaire d¹un point de vue juridique, mais il a estimé qu'il était devenu la seule solution pour sortir d'une impasse. Son avenir? Il le verrait toujours dans le journalisme politique. Où? Personne ne le sait, même si un de ses anciens collègues évoque la piste de L'Hebdo.

L'animateur s'en sort, lui, par une phrase sibylline: «Je ne vais pas rester inerte.» Une formule employée par François Mitterrand en 1986, lorsque la première cohabitation lui avait été imposée, alors que de nombreux observateurs avaient osé penser que la nouvelle configuration politique risquait de laminer son pouvoir de décision.