Portrait 

Patricia Manasseh, survivre à la mort d’un enfant

A Genève, cette ex-infirmière soutient les parents endeuillés. On la voit à l’œuvre dans «Un ange passé trop vite», un documentaire qui sort le 6 février sur les écrans romands

Une fois par mois, à l’enseigne de l’association Arc-en-Ciel, Patricia Manasseh accueille chez elle des parents qui ont perdu un enfant. Des êtres brisés, des «zombies», disent-ils d’eux-mêmes, qui cherchent des semblables avec qui partager leur tragédie. C’est que, précise l’infirmière et enseignante à la retraite, «le parent qui évite la douleur en prenant des médicaments ne fait que retarder le processus d’acceptation.

La douleur, il faut la traverser année après année pour pouvoir à nouveau admirer une fleur au printemps.» Ce parcours, Patricia Manasseh l’a accompli. En 2000, cette Genevoise d’adoption a perdu son fils Farouk, âgé de 19 ans. «Il aimait le sport, les études, il était brillant.» Aujourd’hui grand-mère, Patricia se surprend à être à nouveau «débordante d’amour». «La vie a repris en moi.» Portrait d’une résiliente qui depuis 2003 offre écoute et compassion.