«Il paraît qu'une boîte française veut acheter le nom et vendre le concept du «pedibus» aux communes, quel culot!» s'indigne Alain Rouiller, du bureau-conseil de l'Association transports et environnement (ATE). C'est le problème avec les bonnes idées: tout le monde veut se les approprier.

Celle du «pedibus» en est une, et la journée internationale du 3 octobre «A pied à l'école», à laquelle la Suisse romande participe pour la première fois, vise à le faire savoir. Le pedibus est un système de ramassage scolaire, avec des arrêts, un horaire et un itinéraire fixe, tout comme un bus. Sauf que le groupe se déplace à pied, sous la surveillance d'un ou de plusieurs parents «conducteurs» (on conseille un adulte pour huit enfants).

En Suisse, le «pedibus» est né à Lausanne, en 1998. Le canton de Vaud reste le champion helvétique du système, avec notamment 16 lignes dans la capitale, soutenues par la commune. La plupart des autres cantons romands ont aussi quelques lignes. Etonnamment, l'idée du «pedibus» n'a eu aucun écho en Suisse alémanique ni au Tessin.

«Ce qui est amusant, raconte Alain Rouiller, c'est que chaque pays est sûr d'avoir inventé le concept.» L'histoire officielle diffusée par l'ATE fait naître le walking bus à Odense, au Danemark, en 1976. Au vu du grand nombre d'enfants mortellement accidentés sur la route, la ville met sur pied un projet pour rendre plus sûr le chemin de l'école. Trois ans plus tard, le nombre annuel des accidents a diminué de 85%. Sur cette lancée, des programmes semblables naissent au Royaume-Uni, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, au Canada, aux Etats-Unis, en France et en Suisse. Ces deux derniers pays, pour cause de congé total ou partiel le mercredi, déplacent d'ailleurs d'un jour la véritable date de la journée internationale, qui est le 2 octobre.

La journée de jeudi verra des actions se dérouler dans une trentaine de communes romandes. «Beaucoup de parents aimeraient se lancer, mais hésitent à confier leur enfant à d'autres. S'ils essaient le système une fois et voient que ça marche, ils seront encouragés», espère Alain Rouiller. Les parents sont donc invités à laisser la voiture à la maison et à utiliser le «pedibus». A Genève, des personnages aussi prestigieux que la conseillère d'Etat Martine Brunschwig Graf ou le comédien Jean-Luc Bideau seront là pour les y encourager. L'action vise aussi à susciter la création de nouvelles lignes. L'ATE, soutenue par le Fonds de sécurité routière, demande aux autorités politiques et scolaires d'encourager ce système. «Le but, à terme, c'est que l'enfant puisse aller seul à l'école», précise Alain Rouiller. Le «pedibus» constitue un premier pas vers l'autonomie.

Pour plus de détails sur la journée d'action et sur le système: http://www.ate.ch et http://www.iwalktoschool.org