Les genres ne connaissent plus de frontières, les contours de nouvelles formes d'amour se dessinent, tout comme celles de la famille. Cette semaine, Le Temps explore le(s) futur(s) de nos identités et de nos relations amoureuses. 

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«Mes parents ont dû se poser des milliers de questions lorsqu’on leur a annoncé qu’il était impossible de savoir si j’étais une fille ou un garçon. Mais comme on doit être l’un ou l’autre dans notre société, les médecins ont décidé que je serais une fille. Et ils m’ont opérée pour m’enlever mes testicules. Puis j’ai subi une autre opération à 9 ans, parce qu’il fallait encore arranger quelque chose. Puis une à 12, davantage pour l' esthétique selon leur point de vue. Du mien, elle a été dévastatrice. Mais le vrai choc, ce fut à 17 ans, lorsqu’on m’a révélé que j’avais des chromosomes XY. J’ai tout de suite pensé: «Mais alors, j’aurais pu être un homme?»

Ce témoignage sensible figure, avec d’autres, dans le documentaire Ni d’Eve ni d’Adam, sorti en 2018. Il a valu à la cinéaste suisse Floriane Devigne une pluie de prix, en donnant la parole à des personnes intersexes qui racontent les traumatismes que peut causer une société arc-boutée sur les normes de genre, jusqu’à imposer des traitements de «correction» à des enfants.