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La garde partagée ne fonctionne bien que si l’entente est bonne avec l’autre parent, et la communication fluide.
© Paul Vasarhelyi/123RF

Famille

Les petits bonheurs de la garde partagée des enfants

Ils s’occupent de leur descendance à mi-temps, et se régalent (discrètement) de cette situation équilibrée. Une satisfaction pas toujours facile à assumer. Et pourtant…

La moitié du temps: les devoirs, les repas, les réveils à l’aube, les crises de rire et de colère, les bisous, les histoires du soir. L’autre moitié du temps: les amis, les amours, les sorties, les plateaux télé, les galipettes à toute heure, la liberté, le calme, et parfois aussi une solitude bienvenue.

Si la garde partagée après une séparation est loin d’être la règle, elle gagne du terrain. Et bien que certains parents ne crient pas leur satisfaction sur les toits, par crainte du jugement des autres, cette solution leur semble idéale. Savourer des vacances en couple, sans enfants? «Quelle chance!» diront d’autres parents. «Je ne vais pas me séparer pour ça, mais cette liberté donne envie», avoue ce père de famille. Se réjouir de retrouver, même à mi-temps, une vie amoureuse épanouie sans enfants? Un bonheur coupable pour certains.

Une impression d’égoïsme

«Quand je n’ai pas les enfants, je retrouve ma vie d’avant, constate Julie *, qui vit en concubinage. Au départ, j’ai apprécié d’avoir du temps pour moi. Cela permet de reprendre son souffle, de se recentrer. Et après une pause, on est heureux de les revoir! On a envie de faire plein de choses avec eux, de profiter à fond de leur présence, donc je pense qu’ils s’y retrouvent aussi. Mais au début, je culpabilisais.»

Ce sentiment de culpabilité est-il normal? Pour le psychiatre et psychothérapeute Nicolas Belleux, le côté «honteux» vient du fait qu'«en tant que parent, je suis censé me dévouer totalement pour mes enfants. Donc si je ne le fais pas, cela donne l’impression que je suis un égoïste, que je les aime moins. Or, il est important d’investir tous les domaines de notre vie. Et l’épanouissement du parent fera que l’enfant est bien également.»

Prendre sa place de père

Un épanouissement qui, dans cette situation, passe aussi par le fait de développer une relation différente, parfois plus forte, avec ses enfants. «Cela a permis à mon ex-mari de prendre sa place de père, ce qu’il n’arrivait pas à faire quand nous vivions ensemble», souligne Julie. Point crucial: l’entente doit être bonne avec l’autre parent, et la communication fluide.

En situation de garde partagée depuis une quinzaine d’années, Isabelle * ne regrette rien. Pour elle, ses enfants et le père de ces derniers, c’est une réussite totale. Contrairement à d’autres, elle n’a jamais ressenti ce sentiment de culpabilité.

Pour préparer le «nid vide»

«J’ai pu faire beaucoup plus de choses que si j’avais eu mes enfants à plein-temps. Sortir, rencontrer du monde, faire des voyages, développer ma vie professionnelle… Cela m’appartient, c’est mon équilibre. Evidemment, il est plus facile aussi d’entretenir une relation amoureuse. Quand j’étais bien dans une histoire, j’étais bien avec eux aussi. Et quand tu as la tête reposée, tu as plus de patience!»

Un aspect qu’appuie le Dr Belleux: «Lorsqu’on est à 100% avec ses enfants, il peut arriver qu’ils nous tapent sur le système. Nous sommes alors moins adéquats dans notre rôle d’éducation, voire même de parent aimant.»

Autre avantage relevé par Julie: l’absence des enfants permet de «se préparer au jour où ils partiront de la maison». Un point auquel adhère Isabelle, qui ne craint pas du tout le syndrome du nid vide. «Ça apprend à gérer la solitude.»

Profiter de sa vie de célibataire

Sans tenir compte des éventuels problèmes logistiques (deux maisons pour les enfants) ou financiers, la garde partagée serait-elle «la moins mauvaise des solutions» suite à un divorce? Selon le Dr Belleux, «c’est idéal pour tout le monde. Les enfants voient aussi souvent la maman que le papa, les parents profitent de leur vie de célibataire ou reconstruisent une histoire d’amour, tout en prenant soin de leurs enfants le reste du temps. Le sentiment de honte n’a donc pas lieu d’être.»

Et comme le chantait Michel Delpech dans les années 1970: «Si c’est fichu entre nous, la vie continue malgré tout»:

* Prénoms d’emprunt.

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