En héritage

«La peur du dentiste»

Ce que je dois à ma mère (sans profession)

– Le fait de rire le plus souvent possible, pour conjurer les malheurs

– Un grain de folie qui aide à vivre

– La tendance, hélas, à l’embonpoint

– Le goût de lire à n’importe quelle heure du jour et de la nuit

– Un regard très cru sur les passions humaines (première leçon de journalisme!)

– Le pessimisme (le pire est toujours probable)

– L’habitude des promenades au grand air

– Un certain bon sens populaire

– Le sens de la moquerie

– La méfiance à l’égard des bons sentiments

– L’amour des chiens

– La recette de la soupe au persil

– La conscience perpétuelle de la mort

– Une certaine austérité dans l’éducation des enfants

– Une complexion plutôt robuste

Ce que je dois à mon père (assistant pharmacien)

– La tendresse

– Les préceptes de frugalité (quitte la table en ayant encore un peu faim)

– Une gentillesse foncière malgré le sens de l’ironie

– Le travail comme un des bonheurs de la vie (souvent plus drôle que les loisirs)

– Savoir faire son nœud de cravate

– La capacité d’attendre des heures sans s’ennuyer

– Un attachement un peu naïf à la Suisse éternelle, calme, prospère, proprette, havre de sécurité et d’ordre

– L’attendrissement devant les enfants

– Le steak mangé très cuit (comme une semelle svp)

– Un habillement assez classique

– Des pieds de yeti, énormes, impossibles à montrer

– L’indulgence

– Une image de père tout sauf autoritaire – aucun «surmoi» dirait un psy?

– L’attrait des lieux paisibles, villages, bords de lacs, pensions de famille

– La peur du dentiste