On attendait une foule d'admirateurs et de reporters au Beau-Rivage Palace d'Ouchy: bousculades, cris, photographes montés aux arbres. La nouvelle du mariage de Phil Collins avec Orianne Cevey avait été dévoilée depuis une semaine. A l'heure dite rien de tout cela. Une quarantaine de journalistes, à peine plus de badauds attendaient sagement, dans un chemin de Beau-Rivage interdit de stationnement, que la Rolls-Royce grise et noire qui, la veille, avait amené le couple à la mairie de Begnins, les mène devant le prêtre, à l'hôtel. C'est là, devant un ecclésiastique anglican que le chanteur et sa troisième femme devaient se jurer fidélité.

Mais les mariés ne viendront qu'en dernier, autour des 18 heures. Avant cela, les photographes auront pu cadrer les invités. Certains reporters étaient en poste depuis le matin. Leur troisième jour de travail sur la côte vaudoise passait au rythme des paquets de chips au paprika et des bouteilles de Kronenbourg. Tous les tabloïds anglais ont dépêché deux voire trois personnes. Le Times lui-même a envoyé à Lausanne sa correspondante à Berne. Les paparazzi crient les prénoms des invités, leur en inventant un si nécessaire, pour les faire se retourner. Les voitures arrivent au compte-gouttes, devant franchir une barrière tenue par l'un des deux services d'ordre mandatés pour l'occasion. Ces cerbères, assez peu ouverts au dialogue, sont postés dans les jardins du Beau-Rivage comme à l'intérieur. A l'étage de la salle Sondez, où avait lieu la réception, on en compte un tous les cinq mètres.

Une poignée de reporters est autorisée à s'avancer jusqu'à la porte d'entrée du palace. La Rolls arrive enfin, à une allure protocolaire. La mariée met du temps à sortir de la voiture. Sa traîne est longue, elle échappe aux petites demoiselles d'honneur blondes qui ont l'air de jumelles. Le couple pose quelques instants devant la porte ouverte du palace puis s'y engouffre pour la cérémonie qui a lieu dans les jardins. Les journalistes sont emmenés dans une salle de conférence en sous-sol. Une table en verre ornée de fleurs en papier, deux chaises, et au mur, le drapeau de l'établissement. Une mise en scène «grotesque», selon une journaliste. «Moi, tout ce que je veux, c'est un baiser en gros plan», lance un photographe.

Des contacts pris entre le chanteur et l'hôtel il y a un an, huit mois de préparatifs, une cérémonie religieuse qui dure moins d'une heure devant 320 invités, et Phil et Orianne apparaissent pour les soixante secondes de pose promises. Le chanteur trébuche, puis éclate de rire. Le couple s'exécute lorsqu'un baiser est demandé. «Nous avons organisé cette séance pour que nous ne jouions pas au chat et à la souris, dira le chanteur en conclusion. Maintenant, je vous demande de partir.» Dans le même esprit de courtoisie, le photographe d'un tabloïd s'adresse à la pop star, et le remercie cordialement de la minute accordée. Un ange passe dans le ciel d'Ouchy.