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Avoir peur de prendre le volant, ça se soigne.
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Psychologie

Phobie du volant, angoisse au tournant

Ils ont le permis de conduire, mais l’idée même de s’asseoir sur le siège du conducteur les terrorise. Une peur courante qui s’explique et peut se dépasser

Chaque début de semaine, «Le Temps» propose un article sur la thématique du développement personnel.

Précédentes contributions:

«Depuis que j’ai mon permis, j’ai conscience que conduire peut se transformer en une arme avec laquelle on risque de tuer.» Clémence, 34 ans, est graphiste à Lausanne. Elle a passé l’examen il y a plus de dix ans mais ayant peu pratiqué depuis, elle n’ose plus prendre le volant. Elle s’est donc décidée à reprendre des cours de conduite. «J’ai peur de causer un accident, et j’ai l’impression de ne pas maîtriser tout ce à quoi il faut penser.»

Un sentiment de claustrophobie

Si Alexis, journaliste genevois de 30 ans, n’a pas conduit depuis cinq ans, c’est pour d’autres raisons: «Peu après avoir décroché mon permis, j’ai beaucoup roulé à Genève, et chaque fois je peinais à trouver une place de parking. J’ai développé un sentiment de claustrophobie, avec la sensation de tourner indéfiniment. Comme cycliste, j’étais libre, mais lorsque je montais dans une voiture, je me sentais enfermé.»

Des craintes compréhensibles selon Céline Graf, professeure d’auto-école à Lausanne. «Aujourd’hui, il y a plus de monde sur les routes et les véhicules vont plus vite. Conduire dans cet environnement surchargé est devenu très stressant.» Pour Gerda Fellay, psychothérapeute et psychologue spécialiste en psychologie de la circulation, ces angoisses ont la particularité d’être rationnelles: «Avoir peur sur la route reste réaliste et même nécessaire si ce n’est pas excessif. Il est important de ne pas oublier que la circulation est dangereuse en soi.»

«Je me débrouille sans...»

Mais la perspective de conduire peut devenir insupportable. Alexis en sait quelque chose. Lors d’un déménagement, il se voit contraint de passer le volant à son père même si le véhicule est à son nom. «J’ai aussi échafaudé de nombreux plans pour ne pas prendre la voiture. J’ai envisagé de faire un reportage à vélo, où j’aurais dû faire 300 kilomètres en trois jours.»

Clémence n’envisage jamais la conduite comme une véritable option. «Je me débrouille avec les transports publics, et des amis qui conduisent. Mais si quelqu’un a un malaise et que je dois l’amener à l’hôpital, je ne peux décemment pas prendre le volant. Ce manque d’indépendance me dérange.»

Une pratique moins régulière

Céline Graf donne régulièrement des cours à des conducteurs qui ont déjà passé l’examen pour une remise à niveau. Comment explique-t-elle ces problèmes? «Avoir le permis est une chose, conduire en est une autre. Aujourd’hui, on circule beaucoup en transports en commun, en ville surtout. De nombreuses personnes ne possèdent pas de voiture et pratiquent peu. Cela peut déclencher un manque de confiance.» Elle ajoute: «On était peut-être plus manuel avant, et la voiture reste très physique. Un jeune semble parfois plus à l’aise devant un ordinateur que derrière un volant.»

Pour Gerda Fellay, les conducteurs ne sont pas assez formés à réagir dans le trafic. «La technique, on la maîtrise assez vite. Par contre, pour appréhender toutes les situations dans la circulation, il faudrait en tout cas trente à quarante heures de pratique. Mais les gens ont envie de passer l’examen rapidement.»

Adopter l’automatique

Il existe cependant des solutions pour vaincre sa panique: consulter un(e) psychologue spécialisé(e), que l’on peut trouver sur le site de la Société suisse de psychologie de la circulation, ou recourir à l’hypnose. Un autre remède, selon Céline Graf, serait de passer à la voiture à boîte automatique. «C’est l’avenir sur la route. Elle permet de se concentrer sur l'environnement plutôt que sur les changements de vitesse, et donc de se détendre.»

Mais la clé reste de pratiquer, dans un premier temps accompagné d’un moniteur pédagogue. En restant optimiste: «Tout le monde est capable de conduire à nouveau», assure Céline Graf. «Une femme de 70 ans est venue me voir, elle n’avait pas pris le volant depuis l’âge de 20 ans. Son mari décédé, elle a dû s’y remettre. Et elle a réussi!»

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