Piorner, c’est pleurnicher, geindre, ne cesser d’embêter son prochain avec ses doléances personnelles. On cueille le mot dans le Dictionnaire suisse romand (Ed. Zoé), lequel indique que le terme aurait été attesté dès 1827, avec la tournure «piourner». Cette forme ne constituerait pas une exclusivité des Romands; on en trouverait des traces dans l’Yonne, au nord-est de la Bourgogne. L’ouvrage publié chez Zoé nous donne quelques savoureuses incarnations de cette manière de chigner, autre expression – citée par le Robert, celle-là – exprimant le fait de se plaindre; par exemple, «elle piorne tout le temps, cette vieille gribiche!». Ladite «gribiche» étant une femme acariâtre. En somme, une geigneuse.

De plus, la notice renvoie à l’expression «faire la meule», qui, dans l’une de ses acceptions, évoque le fait d’embêter une pauvre victime. De la tourmenter, la harceler à force de complaintes, par exemple. En Suisse romande, «meule» affiche une riche polysémie; le terme peut aussi évoquer un élément ennuyeux, foncièrement barbant. «Ces discours de politiciens, c’est toujours les mêmes meules», cite le Dictionnaire suisse romand à titre d’exemple.

En cette semaine de 1er Août, les prises de parole en public des politiques ne manqueront pas. Chaque rhéteur, tous les déclamateurs de la cité iront de leur discours sur l’état de la Confédération. Pour notre part, avec la brièveté d’une semaine à jour férié, nous évoquerons quelques mots du patrimoine régional. Pardi, sans nous faire gribiche.