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La Suisse offre désormais une «golden team» de personnages publics, à l’instar de la skieuse Lara Gut et du chanteur Bastian Baker, qui redore son image. Des jeunes «people» qui partagent une véritable amitié.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Vie publique

Pleine de talent, la nouvelle génération people raconte une autre Suisse

Ils ont entre 24 et 30 ans, sont artistes, chanteurs, sportifs, écrivains mais surtout amis et sans complexe: Lara, Timea, Bastian, Thomas ou Joël changent l’image du pays

Ils ont un point commun qui n’est pas habituel en Suisse: ils n’ont pas peur d’être médiatiques. La nouvelle génération «people» se nomme Timea Bacsinszky (26 ans), Lara Gut (25 ans), Bastian Baker (24 ans), Thomas Wiesel (26 ans), Joël Dicker (30 ans). Et c’est un changement qui illustre son temps. La Suisse a longtemps peiné à voir son reflet porté par des célébrités. Elle s’offre désormais une «golden team» de jeunes personnages publics qui redore son image. Plus que des relations de façade, ces jeunes «people» partagent une véritable amitié. Amenés à voyager et à vivre une vie excentrique, leurs quotidiens se ressemblent. Par les réseaux sociaux, les célébrités se suivent et se rassurent: coups de blues, coups de gueule ou coups de cœur, de Miami à Lausanne, il leur suffit parfois d’échanger quelques WhatsApp pour se sentir moins seuls.

Rupture générationnelle

«En Suisse romande, on peut clairement parler de rupture», atteste Nicolas Bideau. Le directeur de Présence Suisse se réjouit de sortir de cette «longue période de calme». «Il y a eu une génération, entre celle de mon père (l’acteur Jean-Luc Bideau, ndlr.) et ces jeunes, qui n’a pas vraiment rayonné dans le showbiz. Ces nouvelles personnalités publiques n’ont pas de problème à être proches de leurs racines suisses et des clichés de leur pays, ils sont capables d’en jouer. Bastian Baker fait un véritable show à l’américaine lorsqu’il est invité à représenter son pays à l’étranger, mais il lui arrive de commencer la soirée par quelques mots de suisse-allemand et de français.» Présence Suisse se délecte de ces personnalités qui s’illustrent à l’étranger et donnent une nouvelle image des Helvètes.

Timea Bacsinszky fréquente plus les hôtels que sa maison. «C’est difficile de garder une vie sociale avec mon quotidien», avoue la joueuse de tennis professionnelle, classée 9e au classement ATP. «Avec Joël Dicker, Lara, Thomas, on échange sur nos expériences respectives. Nous sommes en quelque sorte des marginaux. Nos métiers sont médiatisés, les gens comptent sur nous pour les faire rêver. On partage souvent les mêmes problèmes. Lorsque je reçois un commentaire particulièrement méchant sur ma page Facebook, un parieur qui m’en veut d’avoir perdu un match par exemple, je fais une capture d’écran et je leur envoie en disant: lui, c’est un champion!»

Lire également, Timea Bacsinszky: «Avec Lara Gut, c'est comme si on se connaissait depuis toujours»

Des fans intrusifs

Lors de leur dernière rencontre, Timea et Lara ont pu échanger sur les badauds qui les abordent, s’approprient leurs vies et pensent les connaître. «Ils se permettent tout! Au restaurant, certains regardent dans mon assiette et commentent ce que je suis en train de manger», relate Lara. «Ou le soir, des gens me demandent pourquoi je ne suis pas en train de m’entraîner», enchaîne Timea.

Lara Gut considère Timea et Bastian comme ses vrais amis. «Avec d’autres athlètes, tu peux vraiment bien t’exprimer. Ce sont même les seules personnes avec qui tu peux te passer de mots pour te faire comprendre. Et avec Bastian, qu’est-ce qu’on se marre!»

Lorsque Joël Dicker apparaît dans une action publicitaire d'une marque de voiture, c’est encore une décontraction sur ces thèmes qu’il entend souligner. Lorsqu’on l’interroge sur la question, le Genevois relève précisément la lassitude qu’il éprouve à ne voir que des footballeurs ou des rappeurs servir de support publicitaire face aux jeunes. Ce qui le motive, c’est de leur montrer un autre modèle: celui d’écrivain.

A ce sujet: A Paris, Joël Dicker et la vérité sur l'affaire DS4

Un Rat pack à la Romande

Enfin, tous, au sein de ce Rat pack à la Romande le reconnaissent: si l’utilisation des réseaux sociaux fait aujourd’hui partie de leurs mandats, la gestion de ces derniers est délicate. Depuis sa chronique sur le président turc Erdogan, Thomas Wiesel reçoit quotidiennement des menaces de mort. Personne ne lui a appris à gérer ses 25 000 «followers» et il en craint l’addiction. «J’en parlais avec Amandine, qui a participé à l’émission The Voice. En un week-end, passer de 400 likes à 12 000, c’est un choc. Évidemment, tu as envie de tout lire et de répondre. Les gens, cachés derrière leur écran ne se rendent pas bien compte que leurs commentaires nous touchent directement.»

Lire aussi: Thomas Wiesel, la relève de l’humour romand

Nouvelle vague de talents décomplexés

Darius Rochebin, qui tient précisément depuis plus de dix ans le rôle de people en chef de Suisse romande, les a tous reçus dans son émission, «Pardonnez-moi». «Ils ont un impact énorme sur les Romands», dit-il en se référant à la venue de Thomas Wiesel qui a battu des records d’audience. Le journaliste relève la curiosité des Suisses à l’égard des «gens du cru» et de cette nouvelle vague pleine d’envies, de talent et de jeunesse. Il s’enthousiasme de découvrir ces jeunes «sans complexe provincial». «Je remarque une nouvelle tendance, ils ont souvent perdu l’accent suisse et représentent une société très mondialisée. Avec la caisse de résonance qu’est Internet, plus besoin de monter à Paris pour être reconnu.»

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