Il est plus long que le Titanic, plus lourd que la tour Eiffel, et il représente un volume total de 84 terrains de football. Le paquebot Harmony of the seas, le plus gros navire de croisière au monde, a quitté dimanche à la mi-journée son berceau de Saint-Nazaire, dans l’ouest de la France, pour Southampton, devant plusieurs dizaines de milliers de curieux.

Ce mastodonte long de 362 mètres, large de 66 m et haut de 72 m, soit l’équivalent d’un immeuble de 20 étages, a pris le large aux alentours de 13h45, aidé de deux remorqueurs, suivi depuis le littoral par près de 70 000 personnes, selon la mairie, mais aussi en mer par des dizaines d’embarcations de tous types, et dans les airs.

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Amarré dans le bassin C du port de Saint-Nazaire, le géant des mers, construit aux chantiers navals STX France, a débuté sa manœuvre à 13h, à marée haute. Après avoir fait retentir une première fois sa corne de brume, il est sorti en marche arrière, puis a pivoté dans le chenal une vingtaine de minutes plus tard, en direction de l’océan.

Voir: la vidéo de STX sur la construction de son paquebot record.

L’émotion des riverains

Sur la jetée, les spectateurs observaient le spectacle dans un silence quasi religieux, agitant des mouchoirs blancs ou dégainant leurs appareils photos pour immortaliser ce moment, «magnifique, unique,», comme l’explique Pierre, venu de Nantes pour «voir pour la première fois un départ de paquebot». Alors que le navire s’éloigne au large, Evelyne n’a pas pu retenir une petite larme. «Il est parti. On l’a vu évoluer, grandir pendant trois ans. C’est comme un enfant qui part», glisse la Nazairienne.

Plus de 8000 passagers au total

L’Harmony of the seas, qui peut accueillir à bord jusqu’à 6360 passagers et 2100 membres d’équipage, avait été officiellement remis jeudi à son propriétaire, l’armateur américain Royal Caribbean International, une filiale du groupe RCCL qui exploite déjà 24 navires dans le monde.

Après une croisière inaugurale au départ de Southampton, le paquebot battant pavillon des Bahamas doit rejoindre ensuite son port d’attache, Barcelone, pour entamer ses croisières d’une semaine en Méditerranée, où il sera exploité jusqu’à fin octobre, avant d’être repositionné dans les Caraïbes.

STX France avait arraché en décembre 2012 ce contrat de près d’un milliard d’euros, après avoir traversé près de deux années sans commande. Depuis, les commandes se succèdent pour les chantiers navals nazairiens qui doivent livrer onze autres paquebots d’ici 2026.

«Paquebot-ville» profite du boom

Cette forme économique profite à Saint-Nazaire, «paquebot-ville», où l’on construit des bateaux depuis 150 ans – mais en ayant traversé de graves crises. Depuis le début de l’année, les visites guidées du chantier naval STX sont en augmentation de 77% par rapport à la même période en 2015, après déjà un bond de 60% entre 2015 et 2014, avec plus de 40 000 visiteurs payants, selon des données de l’Office de tourisme de Saint-Nazaire.

Pour faire face à la ruée, l’Office de tourisme a recruté deux nouveaux guides et mis en place des créneaux supplémentaires pour ses visites des chantiers navals, organisées depuis plus de dix ans, ainsi que pour celles, plus spécialement centrées sur les «géants des mers», qui sont proposées depuis près d’un an.