Zurich, Berne: les scènes ouvertes de la drogue sont fermées. Mais le négoce continue. Il a gagné les banlieues. A l'ouest de Berne, c'est à Bümpliz que les trafiquants ont recommencé à vendre de l'héroïne à des prix défiant toute concurrence: 50 francs le gramme. Ce négoce, entretenu par des Albanais, d'Albanie et du Kosovo, a déborbé du côté de bandes qui se partageaient le marché. Les 23 personnes emprisonnées étaient des requérants d'asile vendant de l'héroïne. Seuls 500 grammes ont été saisis, mais le trafic a sans doute porté sur 10 kg en de novembre à mars.

Tout a commencé à Bienne avec la découverte, par des enfants, de 300 gramme d'héroïne enterrés dans le jardin public de Mettlen. La police enquête et les trafiquants se déplacent dans le canton de Neuchâtel. La drogue provient des grands centres urbains, de Berne en particulier, où ce commerce est moins facile depuis que la police a déclenché l'opération "Citro". Les toxicomanes (1200 à 1600 consommateurs neuchâtelois) ne se déplacent plus. C'est donc le trafiquant qui livrera à domicile, ou presque.

Prisons pleines

Trois lieux du canton deviennent des mini-scènes de la drogue que les inpecteurs en civil surveillent avant d'agir. A Neuchâtel, une quarantaine d'hommes sont mobilisés à partir du mois de novembre, dont 15 à plein temps. La drogue est transportée en petites quantités (250 g) par des livreurs qui utilisent les transports publics. La police suit tout le monde à la trace et intervient dans un appartement du Locle. Elle arrêtera 72 personnes, âgées de 15 à 35 ans. «Nous avons dû agir en deux vagues, après avoir eu l'assurance qu'il y avait de la place dans les prisons», confie Olivier Guéniat, le chef de la police de Sûreté. Car toutes les prisons sont pleines, même celles réservées aux mineurs...

En annonçant ce coup de filet, «nous voulons provoquer un effet dissuasif pour éviter la création de scènes ouvertes de la drogue à Neuchâtel, même à l'état embryonaire», explique Olivier Guéniat. Ce coup de filet ne règle pas le problème: «D'autres trafiquants ont déjà remplacé ceux qui sont incarcérés».