Est-ce une coïncidence? Ou le hasard aurait-il vraiment bien fait les choses? Toujours est-il que c'est hier dimanche que l'hebdomadaire alémanique SonntagsZeitung a publié les résultats d'un rapport jusqu'ici non divulgué, et commandé par Moritz Leuenberger. Une fuite qui tombe quarante-huit heures après que l'Office fédéral des routes eut publié le catalogue des 56 mesures qu'il propose pour une meilleure sécurité routière – 0,5 ‰, phares allumés la journée, etc. (lire LT 18.12.2004).

Le sujet dudit rapport? Les dégâts collatéraux causés par le trafic. Ainsi, selon les auteurs, 1359 personnes mourraient chaque année en Suisse à cause de la pollution dégagée par les gaz d'échappement. Une pollution qui, toujours selon la SonntagsZeitung, causerait 14 000 bronchites aiguës par an rien que chez les enfants. Sans compter les adultes souffrant d'asthme chronique et autres maladies respiratoires. Qui dit maladies ou décès dit frais supplémentaires: la pollution par le trafic serait responsable de 3551 jours d'hospitalisation par an.

Baptisée «Coûts externes du trafic», l'étude répartit les dégâts collatéraux de la circulation sur cinq postes: santé, accidents, bruit, nature et dégâts dans le bâti. Le rapport estime à 5 milliards les dégâts engendrés par le trafic. 93% de cette somme proviendrait du trafic routier.

Ce week-end toujours, les réactions ont continué de tomber à propos des 56 mesures proposées par l'Office fédéral des routes pour améliorer la sécurité routière. Selon l'ATS, l'Association des routiers suisses approuvait l'interdiction absolue de consommer de l'alcool au volant pour les chauffeurs professionnels. Elle s'oppose à l'Association des transporteurs routiers (ASTAG). Cette dernière arguë que le sang d'un chauffeur qui aurait bu la veille pourrait encore contenir une trace d'alcool le lendemain.