La fissuration du tabou lié aux menstruations n’est pas seulement symbolique. C’est aussi une question de santé publique et de dignité humaine. Dans les pays occidentaux, dont la Suisse, la précarité menstruelle – le fait de ne pouvoir s’offrir des protections hygiéniques, ou de ne pouvoir en changer suffisamment régulièrement – touche surtout des femmes à bas revenu, sans domicile fixe, ou étudiantes. Selon Caritas, les frais liés aux menstruations durant la vie d’une femme dépasseraient les 4000 francs. Et rappelons que ces produits ne sont pas considérés comme des biens de première nécessité, ils sont donc taxés à hauteur de 7,7% (ce qui pourrait cependant changer avec la consultation d’un projet de révision de la loi sur la TVA en cours).

En politique, lentement mais sûrement

Pour y remédier, plusieurs instances remontent leurs manches. Ainsi le Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture a annoncé la semaine dernière le lancement d’un projet pilote pour garantir et faciliter l’accès à des protections périodiques dans les lieux de formation de la scolarité obligatoire et post-obligatoire. Une nécessité: «Au service social par exemple, la rente n’est pas adaptée au fait que, si une famille précaire est composée de quatre personnes dont trois femmes, les coûts sont différents», souligne Muriel Thalmann, députée au Grand Conseil vaudois à l’origine du postulat déposé en mai 2020: «Pour des protections hygiéniques en libre accès dans nos écoles et au sein de l’administration cantonale.»