Education

«Tu préfères l’amour avec ou sans lumière?»

L’association lausannoise Les Klamydia’s édite un jeu de société pour s’amuser et apprendre autour de toutes les sexualités. Drôle et instructif

Avez-vous déjà sculpté un clitoris en pâte à modeler? Saviez-vous que la pratique sexuelle la plus fréquente entre hommes était la fellation? Vous êtes-vous déjà demandé si les molaires étaient plus érogènes que les lombaires? C’est à ce genre de questions que fait réfléchir Lezgame, un jeu de société mis au point par Les Klamydia’s. Active depuis dix ans dans la santé sexuelle des «femmes qui aiment les femmes», l’association lausannoise cherchait un moyen de faire de la prévention ludique. Lezgame, centré sur la sexualité lesbienne, a vu le jour en 2017. Cette semaine sort la version enrichie, également tournée vers les sexualités hétéro, bi, gay ou trans.

«Il existe finalement peu d’espace pour parler de sexualité. Nous avons souhaité en créer un qui permette de discuter sans tabou, de façon ouverte, détendue et respectueuse», note Camille Béziane, cofondatrice des Klamydia’s et conceptrice du jeu. Plutôt pensé pour jouer en équipe, le jeu invite à se questionner à la fois sur soi et sur les autres. De la case «Préliminaires» à celle du «Septième ciel», on tire des cartes «Action», visant à modeler un speculum ou un sex-toy, des cartes «Vérité» ou «Affinités» explorant pratiques et fantasmes, des «Défis» comme trouver un maximum de mots désignant le sexe féminin. Les fiches «Sexo» ou «Prévention», elles, permettent de connaître statistiques et bons gestes. Des guides sont fournis pour aider à répondre aux questions, dont les contenus ont été validés par des spécialistes de santé et d’éducation sexuelle.

Sex-toy désinfecté

«Tous les joueurs d’une même équipe sont invités à répondre, de manière à ne pas stigmatiser une personne. Celui ou celle qui n’en a pas envie peut tout simplement relancer le dé. Il est important que les gens se sentent à l’aise. Et lorsqu’il s’agit de trouver des synonymes de personnes gays ou trans, par exemple, les insultes sont évidemment proscrites», détaille Camille Béziane. Au long du chemin, des cartes spéciales font avancer ou reculer les pions, au motif que l’on a désinfecté son sex-toy ou attrapé une vaginose dans un jacuzzi.

Le jeu, truffé d’humour et en grande partie fabriqué en Suisse, est en vente en ligne et dans quelques magasins romands, mais il est également téléchargeable gratuitement sur internet. «Notre but n’est vraiment pas de faire de l’argent mais bien de faire parler les gens et de leur apprendre des choses, argue Charlotte Passera, conceptrice graphique et illustratrice. Bon nombre de lesbiennes pensent par exemple qu’elles n’ont pas besoin d’aller chez le gynécologue et beaucoup d’hommes n’ont jamais vu un stérilet.»

Public cible: les jeunes, de plus de 16 ans puisque c’est l’âge de la majorité sexuelle. «Nous l’avons imaginé pour les permanences d’association qui accueillent parfois des adolescents en rupture, pour les groupes de jeunes, pour les écoles… Il permet de dédramatiser certaines situations. Parler de sexe, c’est fédérateur et ça fait toujours rire», poursuit Camille Béziane. Et de préciser que les nombreux tests effectués sur des publics variés l’ont étonnée par le plaisir avec lequel les gens abordaient la question. Et vous, vous avez déjà rêvé de faire l’amour avec une cheffe d’Etat en exercice/une pompière/une journaliste du Temps?


Plus d'infos sur le site de Klamydia's 

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