Mgr Christodoulos, archevêque d'Athènes et primat de l'Eglise orthodoxe de Grèce, achève aujourd'hui une visite de cinq jours en Suisse et au Conseil œcuménique des Eglises (COE) à Genève. Il s'agissait d'une première. A ce titre, on peut l'interpréter comme un signe de détente œcuménique, surtout après les tensions qui ont opposé orthodoxes et protestants ces dernières années. Mgr Christodoulos a d'ailleurs affirmé au cours de sa visite que la 9e Assemblée du COE, qui s'est tenue à Porto Alegre au mois de février, avait un caractère «historique» et ouvrait de «nouvelles perspectives au mouvement œcuménique». En effet, l'adoption du consensus comme mode de décision permet de mieux tenir compte de l'avis des Eglises orthodoxes, minoritaires au sein du COE.

Cependant, le primat de Grèce a admis que le chemin vers l'unité entre les chrétiens est «long et ardu, car il présuppose de purifier la mémoire historique de l'Eglise des pesanteurs et des expériences traumatiques qui l'accablent depuis des siècles». Hier, il a précisé sa pensée lors d'une conférence de presse et dénoncé «le prosélytisme de certaines minorités protestantes», qui s'exerce au détriment des fidèles orthodoxes, en Grèce comme dans les pays de l'Est. «Nous ne pouvons pas discuter d'un côté d'unité entre les chrétiens et accepter les coups bas de certains d'entre eux.» L'archevêque a aussi évoqué la reprise du dialogue avec l'Eglise catholique. La question des Eglises uniates (ndlr: d'origine orthodoxe mais rattachées à Rome) est à l'ordre du jour.

Mgr Christodoulos a enfin réclamé une représentation plus importante des orthodoxes dans les instances dirigeantes du COE.