L'histoire est grosse comme un éléphant. Et tellement inattendue que, dans la jungle des magazines people, les échotiers n'y ont vu que du feu. L'été dernier, la princesse Stéphanie de Monaco et ses trois enfants avaient pourtant participé à la tournée du cirque Knie en Suisse. Et les spectateurs retenaient leur souffle quand Patma, qui pèse 3600 kilos, soulevait de sa trompe une certaine petite Pauline de 6 ans et la projetait dans les airs. Lorsqu'elle a été finalement identifiée comme la fille de la princesse et de Daniel Ducruet, quelques photos ont bien été publiées, accompagnées de sobres légendes sur la passion des Grimaldi pour la piste aux étoiles. Mais les paparazzi ne se sont pas mis à l'affût pour savoir quel homme se cachait derrière la nouvelle lubie de la fille cadette de Rainier III.

Ils savent qu'ils ont eu tort depuis que le Blick a révélé vendredi dernier l'histoire d'amour qui lie Stéphanie de Monaco, 36 ans, et Franco Knie, 46 ans, dresseur d'éléphants et codirecteur du cirque avec son cousin Fredy. Et ils s'emploient à réparer leur manque de flair. En vain, puisque la princesse est rentrée samedi à Nice, après avoir passé une semaine auprès de son nouveau compagnon. Hier matin, une voiture a pourtant pris en chasse celle de Franco, entre son domicile et Rapperswil, et des reporters allemands suivent désormais jour et nuit les déplacements du cirque, selon son porte-parole Chris Krenger. Il ne s'en inquiète pas outre mesure: «Il y a quelques semaines, c'était Boris Becker qui faisait l'actualité, aujourd'hui c'est Franco Knie. Demain, ce sera un autre.» Ce qui le peine davantage, ce sont les habiles montages journalistiques qui laissent entendre que Franco lui-même, ou sa mère Tina, ont accordé des interviews à la presse. «Ils n'ont pas parlé, affirme-t-il. D'ailleurs, ils ne décrochent plus leur téléphone.»

Il faut dire qu'à part les intéressés, et peut-être Mary-José Knie, qui s'est d'emblée liée d'amitié avec son originale «belle-sœur», nul n'était informé de l'idylle. Au cirque, où Stéphanie a passé une semaine au dernier Pâques avant d'y revenir par cinq fois l'été dernier, pour quelques jours, elle était farouchement protégée des regards inquisiteurs. «Elle avait à sa disposition deux camping-bus, parqués à l'écart des caravanes, près de celles des Knie, explique Chris Krenger. Et ses gardes du corps étaient vigilants. Pourtant, elle assistait aux représentations. A Genève, par exemple, elle était au premier rang et applaudissait comme une folle. Comme personne ne s'attendait à la voir là, personne ne l'a vue. Je voulais me servir de sa présence pour faire de la publicité. Mais Franco et la direction s'y sont opposés, m'expliquant qu'elle était là à titre privé, pour des vacances, et que son ex-mari s'opposait de toute façon à ce que des photos de ses enfants soient diffusées.»

Atteint en Autriche, à son retour d'un séjour en Suisse, Louis Knie junior, 26 ans, confirme que le secret était bien gardé. Selon lui, son oncle Franco ne s'est confessé à sa propre mère qu'il y a trois jours. «Tina et lui ne se parlaient plus depuis deux ans. Là, il est venu lui annoncer qu'il allait divorcer et qu'il avait l'intention de vivre ensuite avec Stéphanie. Elle lui a répondu que c'était dommage, vu la réputation de la princesse, mais qu'elle n'y pouvait rien. La souffrance de Claudine, l'épouse de Franco, et de leur fils Anthony qui a 12 ans et est autiste, lui fait beaucoup de peine.»

«Machos sympathiques»

«Il faut savoir une chose, s'exclame un proche des Knie, fasciné par l'histoire de cette dynastie. Tous les Knie ont des relations particulières avec les femmes. Elles doivent leur obéir, mais ils ne se gênent pas pour en changer quand même. Ce sont des machos sympathiques. Fredy Knie senior, par exemple, a trompé sa première épouse pendant dix ans avec la caissière du cirque sans que personne n'en sache rien. Un jour, il a réuni le conseil d'administration pour lui annoncer que le lendemain, il emménageait avec elle. Franco est lui aussi un homme volage. Avant Stéphanie, il avait déjà une maîtresse à Monaco. Les tournées, c'est pratique pour mener une double vie! Cela dit, d'après ce que je sais de la princesse, j'ai pitié de Franco. Et je ne vois pas quel peut être leur avenir. Franco ne prendra pas sa retraite: le cirque va bien, et il va encore progresser ces prochains temps. Mais la vie y est dure et pas très attractive. Il n'y a ni bal, ni soirée mondaine, ni DJ. L'effet de surprise passé, Stéphanie et ses enfants vont trouver tout cela très ennuyeux.»

Au Palais de Monaco, on se refuse évidemment à tout commentaire sur la vie privée de la princesse. Ce qui n'empêche pas certains insiders de penser que Rainier III, pour l'instant en froid avec sa fille, pourrait finir par agréer un homme comme Franco, susceptible de l'arracher à ses fréquentations malsaines d'Auron, la station des Alpes-Maritimes dans laquelle elle a trouvé refuge. Elle y sert à l'occasion au bar, prête son 4x4 Chevrolet à l'amante d'un repris de justice lorsqu'il est abattu en plein Nice par la police, et ouvre parfois sa porte à des amis de passage, encore hébétée par ses excès à 3 heures de l'après-midi. Après les fils à papa, Paul Belmondo et Anthony Delon, le brutal, Mario Jutard, le jet-setter Yves Le Fur, les gardes du corps, Daniel Ducruet, Jean-Raymond Gottlieb et le moniteur de ski, Boris, il est certain que Franco Knie, professionnel respecté, fortuné, responsable, fait figure de sauveur. Monaco échappe à une mésalliance de plus. D'ailleurs, ne dit-on pas que les Knie sont la famille royale des Suisses?