Punir de manière altruiste, c'est-à-dire en faisant passer l'intérêt du groupe avant le sien, peut être plaisant. C'est ce qu'a prouvé Dominique de Quervain, de l'Université de Zurich. Une recherche pour laquelle il a reçu un des Prix Pfizer 2006 de la recherche médicale, attribué par la fondation de la firme pharmaceutique du même nom.

Cette reconnaissance a été également attribuée à dix autres jeunes scientifiques travaillant dans différents domaines.

Le professeur de Quervain a donc démontré, au moyen d'une technique d'imagerie cérébrale, qu'une sanction altruiste active la zone du cerveau liée à la récompense (LT 27.08. 04). Un processus important pour la survie du groupe, car il renforce la cohésion sociale. Par ailleurs, les sujets qui appliquaient les sanctions les plus sévères étaient aussi ceux dont le centre de récompense était le plus réactif.

A Genève, Sophie Clément a été primée pour sa recherche sur les staphylocoques dorés (staphylococcus aureus). Elle a traqué la redoutable bactérie, responsable d'infections difficiles à soigner, pour voir où elle se cachait. En particulier chez les personnes victimes d'infections à répétition qui n'avaient pourtant pas développé une résistance aux antibiotiques. L'équipe genevoise a pu montrer que, chez ces patients, des bactéries intracellulaires avaient survécu au traitement dans les muqueuses nasales.

A Lausanne, les travaux de Nathalie Rosenblatt sur des souris ouvrent la voie au développement du traitement cellulaire des affections cardio-vasculaires. Ils reposent sur la mobilisation et la différenciation de cellules précurseurs cardiaques locales, susceptibles de réparer des lésions.

Les autres travaux primés concernent le domaine cardio-vasculaire, la rhumatologie, l'immunologie, les sciences neurologiques et maladies du système nerveux, en particulier les troubles anxieux. Autant de recherches réalisées dans les universités ou instituts de recherches de Zurich, Bâle, Genève et Lausanne. Les dix chercheurs se partagent une somme de 500000 francs.