Interview

«La psychanalyse porte une lourde responsabilité en matière de déni des abus sexuels»

Alors que l’émotion demeure palpable après la mise en lumière de «l’affaire Matzneff», la polémique suscitée par les propos rapportés de Françoise Dolto, vieux de quarante ans, a soulevé de nouvelles interrogations. «Le Temps» a interrogé deux experts quant à l’influence de la psychanalyse, hier et aujourd’hui, sur les questions sociétales

La semaine dernière, Le Canard enchaîné publiait de longs extraits d’une interview de la célèbre psychanalyste Françoise Dolto datant de 1979, dont les propos – qualifiés de «complètement inconscients» par l’hebdomadaire – revenaient à soutenir que ni l’inceste ni le viol conjugal n’étaient des agressions sexuelles. La polémique éclate: comment une si grande défenseuse des droits de l’enfant a-t-elle pu formuler de telles paroles? Ont-elles été suffisamment contextualisées?

Après la sortie du livre Le Consentement de Vanessa Springora au début du mois, qui a mis sous les feux de l’actualité les pratiques pédocriminelles de l’écrivain Gabriel Matzneff et alimenté le débat sur la complaisance de certains milieux envers ces comportements, l’émotion reste vive. Le Temps a souhaité interroger deux spécialistes sur l’influence du courant psychanalytique dans la prise en compte des violences, hier et aujourd’hui.