Plus d'un quart des fillettes noires et 7% des fillettes blanches afficheraient des signes de puberté dès l'âge de 7 ans. C'est en tout cas ce qu'affirme une étude sérieuse, dirigée par le Dr Marcia Herman-Giddens et réalisée en 1997 sur 17 000 jeunes Américaines âgées de 3 à 12 ans. L'augmentation des cas de puberté féminine précoce serait en train de causer «un grave problème de santé publique».

Ainsi, à l'âge de 9 ans, près d'un tiers des Blanches (32%) et 62% des Noires ont des seins et un système pileux, soit un à deux ans avant l'heure. Par ailleurs, la période de puberté s'allonge, sans que la moyenne d'âge pour l'apparition des règles (entre 12 et 13 ans) soit modifiée. Le phénomène s'est accéléré. Il a conduit les pédiatres américains à modifier, pour les revoir à la baisse, les critères de «normalité» pour l'apparition des premiers signes de puberté.

Les conséquences de cette évolution, commencée dans les années 60 et constatée dans d'autres pays, notamment la Grande-Bretagne, la Suède ou l'Espagne, sont loin d'être anodines, selon les spécialistes. Les différents niveaux de maturité – cognitive, physique et émotionnelle – risquent notamment d'être décalés (lire Le Temps de vivre du 3.02.2001). «Comment ces très jeunes femmes feront-elles face aux sentiments confus que peut entraîner l'apparition de ces signes extérieurs? Comment aborder l'attirance que les garçons peuvent avoir?» se demandent les spécialistes. Certaines études soulignent qu'une puberté précoce peut entraîner davantage de dépressions, d'agressivité, d'isolement, voire de suicides.

Ennemi numéro un, l'obésité est pointée du doigt par les spécialistes: le nombre d'obèses (11% des filles âgées de 6 à 11 ans aux Etats-Unis) a doublé depuis les années 60, quand les pubertés précoces ont commencé à apparaître. C'est que l'obésité tend à favoriser la fabrication d'une hormone, la leptine, nécessaire à la puberté. Le manque d'activité physique, une consommation excessive de viande ou de laitages et l'augmentation de la consommation d'hormones sont également cités.

D'autres causes sont possibles – quoique discutables. Certaines études parlent du bombardement d'images à caractère sexuel diffusées à la télévision, qui pourraient stimuler des développements précoces. Enfin, les scientifiques se penchent sur le rôle de certains stimulateurs d'œstrogène contenus dans des produits chimiques ou plastiques, notamment le maquillage ou encore… le vernis à ongles.

AFP/LT