A première vue, on dirait une énorme noix d'un kilo et demi environ, constituée d'une matière grisâtre peu avenante. En y regardant de plus près, le cerveau est une machine d'une complexité formidable, capable de gérer une foule de tâches, d'émotions et de comportements. Mais, malgré les progrès scientifiques impressionnants de cette dernière décennie, on est loin d'avoir percé tous ses secrets.

La «Semaine internationale du cerveau», qui se déroule pour la première fois dans six villes suisses, est une opportunité rare pour le grand public de rencontrer les chercheurs spécialisés. Jusqu'au 22 mars en effet, ces derniers ouvrent les portes de leurs laboratoires et participent à des forums et des débats sur cet organe, chef-d'œuvre du corps humain.

Talentueux, le cerveau l'est sans doute. Il est capable de mémoriser, de prendre des décisions, de distiller des émotions, d'analyser, grâce à un réseau de 100 milliards de neurones, chacun connecté à des milliers de ses congénères. En revanche, si un seul rouage se grippe, il peut être responsable de plus d'hospitalisations et de soins continus que presque toutes les autres maladies confondues. Des dysfonctionnements du système nerveux central peuvent agir sur des affections telles que la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, l'autisme, la dépression, la schizophrénie, la toxicomanie et bien d'autres. Une maladie attire particulièrement l'attention des chercheurs du cerveau: celle d'Alzheimer. Cette affection neurodégénérative touche surtout les personnes âgées et se traduit par des troubles graves de mémoire, d'orientation et d'autres fonctions mentales. Selon les experts, elle devient un vrai problème de santé publique dans les pays industrialisés. Entre 15 et 25 millions de cas sont recensés dans le monde. La Suisse en compte entre 80 000 et 150 000.

Comprendre pourquoi la mécanique neuronale déraille parfois implique d'en savoir beaucoup plus sur le fonctionnement du système nerveux central. Et, dans ce domaine des neurosciences, la Suisse n'a pas à rougir du niveau scientifique de sa recherche. Au contraire même, si l'on en croit une enquête publiée il y a une année dans le magazine Science du 7 février 1997: selon un index qui mesure les articles cités – donc lus – par d'autres groupes de recherche, notre pays viendrait même en tête.

Budget important

Plus concrètement, l'étude du cerveau bénéficie en Suisse d'un des budgets les plus importants alloués à la recherche médicale: au total, presque 50 millions de francs répartis sur 137 projets. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique lui consacre même un programme prioritaire.

Celui-ci compte une quinzaine de projets répartis entre les six universités du pays qui organisent la «Semaine du cerveau»: Genève, Lausanne, Fribourg, Berne, Bâle et Zurich. La capitale vaudoise se distingue dans la recherche sur les maladies neurodégénératives, les autres pôles de recherche se concentrant plutôt sur les processus de mémoire et la plasticité neuronale. Toutefois, même si le cerveau mobilise de plus en plus de chercheurs sur son propre cas, on peut gager que le cas est encore loin d'être résolu.

Encore cinq jours pour en savoir plus

Genève - Forum public: «Maladie d'Alzheimer, du médical au social», jeudi 19 mars 1998 à 20 h 15, Auditoire Louis-Jeantet, 77 route de Florissant. Renseignements et inscriptions au 022/310 23 83.

Conférence: «Le Cerveau et l'initiative sur le génie génétique», le jeudi 19 mars à 18 h 30, salle Piaget, Uni Dufour.

Lausanne - Forum public: «Pourquoi les neurones meurent-ils?», le mercredi 18 mars 1998, à 18 h 30 au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Exposition et démonstrations interactives: «Notre cerveau», le samedi 21 mars, de 10 à 18 heures à l'Ecole Chantepierre.

Fribourg - Forum public: «L'aphasie: un cerveau qui n'entend pas? Ne criez pas je suis sourd», le mercredi 18 mars 1998 à 20 heures à l'Aula Magna, Université de Fribourg.

Exposition de lithographies: «Art et cerveau» à l'Hôpital cantonal de Fribourg jusqu'au 16 avril 1998.

Berne - Forum public: «Präzisionsarbeit im gehirn», à l'Auditorium Ettore Rossi de la Kinderklinik, Inselspital, le mercredi 18 mars 1998, à 17 heures.

Forum public: «Aggressivität im Vorschulalter», au même endroit, le jeudi 19 mars 1998, à 19 heures.